Le Green Deal va révolutionner les priorités géopolitiques de l’UE

[EPA-EFE/CLEMENS BILAN]

Un document du groupe de réflexion Bruegel et du Conseil européen des relations internationales (ECFR) analyse les implications géopolitiques du Green Deal. Celles-ci vont redéfinir les relations avec de nombreux pays voisins et les principaux partenaires commerciaux internationaux. Un article d’Euractiv Italie.

Le Green Deal européen aura un impact profond sur les marchés mondiaux et, par conséquent, sur les relations entre l’Union européenne et des pays tels que la Russie, les États-Unis, la Chine et l’Arabie saoudite.

Le paquet d’initiatives présenté en 2019 par la Commission européenne pour rendre l’économie européenne durable sur le plan environnemental, implique une révision fondamentale du système énergétique européen. Cela engendrera une modification des relations entre l’UE et des pays tels que la Russie, l’Algérie et la Norvège, qui perdront leur principal marché d’exportation.

De plus, l’Europe représente environ 20 % des importations mondiales de pétrole brut. L’abandon progressif des combustibles fossiles entraînera à terme une chute des prix et une réduction des revenus des principaux exportateurs.

En outre, un marché énergétique au sein duquel les énergies renouvelables sont appelées à prendre toujours plus d’importance deviendra plus dépendant des importations de produits et de matières premières qui servent d’intrants pour l’énergie et les technologies propres. Les terres rares par exemple, dont la Chine est le plus grand producteur, sont essentielles à la production de batteries.

Quant au mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, que Bruxelles étudie, il pourrait déclencher des tensions avec les principaux partenaires commerciaux, en particulier ceux qui polluent le plus, car ils verront dans ce système une barrière commerciale.

Le Green Deal, marque de fabrique de la nouvelle Commission européenne 

« Je veux que le Green Deal européen devienne la marque de fabrique de l’Europe », a déclaré Ursula von der Leyen, qui a chargé son second de superviser l’objectif de neutralité climatique de l’Europe d’ici 2050.

Dans leur rapport « La géopolitique du Green Deal européen » (« The geopolitics of the European Green Deal »), le Conseil européen des relations internationales (ECFR) et le groupe de réflexion Bruegel proposent sept actions visant à faire face à ces problématiques.

Selon les auteurs, l’Union européenne devrait aider les pays voisins qui exportent du pétrole et du gaz à diversifier leurs économies vers la production d’énergie renouvelable et d’hydrogène vert, qui pourront, à l’avenir, être exportés vers l’Europe. Elle devrait également sécuriser davantage son approvisionnement en matières premières essentielles et limiter sa dépendance vis-à-vis de pays tiers, et de la Chine en premier lieu.

Le document propose également de collaborer avec les États-Unis et d’autres partenaires afin de créer un « club climatique » dont les membres s’engageront à appliquer des mécanismes analogues d’ajustement carbone aux frontières.

Pour encourager une transition verte dans les pays tiers, Bruxelles pourrait également fixer comme condition d’accès au marché européen le respect de règles environnementales strictes.

Les auteurs enjoignent Bruxelles à « internationaliser le Green Deal européen en mobilisant le budget de l’UE, le Fonds européen de relance et de résilience et les politiques européennes de développement » et à « promouvoir des coalitions mondiales pour l’atténuation du changement climatique, par exemple par le biais d’une coalition mondiale pour le permafrost, destinée à financer des mesures pour en limiter la fonte ». Sans oublier la promotion d’une plateforme mondiale sur la nouvelle économie de l’action climatique.

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