Le Green New Deal offre une bouffée d’air frais à la COP25

Action des jeunes à la COP25 devant le pavillon européen, le 11 décembre à Madrid.

La volonté politique manifestée par Ursula von der Leyen lors de la présentation du Green New Deal conforte les acteurs déjà engagés vers la neutralité carbone. Mais beaucoup  d’observateurs, dont les jeunes, appellent à plus d’ambition.

Alors que les positions restent tendues à 48 heures de la fin prévue des négociations, l’annonce du Green New Deal a apporté une bouffée de fraicheur à Madrid. Un coup de pression nécessaire alors que la société civile, les jeunes, la finance et les entreprises mobilisées à la COP25 ont parfois l’impression de ne pas être entendus. «  Il y a cinq ans, personne n’aurait imaginé que l’Europe viserait neutralité carbone ! Cet objectif est concret, il donne un cadre clair aux entreprises, c’est essentiel » a réagi Gilles Vermot Desroches, directeur développement durable de Schneider Electric, dont l’entreprise, vise la neutralité carbone pour 2030.

La COP est en effet un lieu où se retrouvent les ambitions, à l’instar des centaines d’ entreprises engagées dans l’objectif de neutralité carbone, ou de la Coalition Net Zero qui rassemble désormais 75 pays, dont les îles Fidji.

Plus d’excuse pour  ne pas aller vers des émissions nettes zéro

« Nous devons n’accepter aucune excuse pour ne pas aller vers la neutralité carbone. Nous sommes tous dans le même canoë, mais il commence à prendre l’eau par endroits » a déclaré le Premier ministre fidjien, Frank Bainimarama. Un propos partagé par le ministre de l’environnement du Portugal, Jao Pedro Matos Fernandes qui salue la présentation du Green New Deal. « Maintenant, les motifs d’investir, les opportunités pour le faire sont bien là : il n’y a plus d’excuse du tout pour ne pas aller vers des émissions nettes égales à zero.

L’UE, première de la classe

Sur le stand du Benelux, les Pays-Bas ont organisé un débat autour du Green New Deal, invitant des parlementaires européens à réagir sur le sujet. Pour le ministre de l’économie et du climat du pays, Eric Wiebes, « il y a toujours un premier de la classe, et sur le climat c’est important que ce soit l’Europe, qui a des gouvernements suffisamment constructifs pour le faire ». Le ministre propose d’avoir plus recours au marché du carbone, ou aussi à l’industrie comme la capture et le stockage de carbone. Mais l’enthousiasme n’est partagé par tout le monde : élue suédoise, la députée Marlene Burwick réclame plus d’ambition, soit au moins 55 % de réduction d’émission d’ici 2030.

Des appels à plus de financement

Très investi sur le sujet, l’eurodéputé social-démocrate Pierre Larrouturou se réjouit de la référence faite par Ursula von der Leyen à l’Objectif Lune des Américains. « Mais il faut plus d’argent ! 100 milliards sur 7 ans, y compris l’effet de levier, ce n’est pas sérieux. Parce que l’effet de levier n’est pas de 15 sur l’efficacité énergétique ou sur les transports en commun » assure-t-il, en appelant à aller très vite. « On a appelé l’état d’urgence écologique : maintenant il faut accélérer, quitte à faire des conseils européens extraordinaires, et annoncer un plan ambitieux d’ici le mois de juin, pas une politique de petits pas » réclame l’élu.

Très présents à la COP25, autour de Greta Thunberg, les organisations de jeunes ont de leur côté chahuté la délégation européenne (photo), pour protester contre le manque d’ambition du Green New Deal. 13 organisations dont CliMate réclament une décision très rapide sur l’ambition européenne, un objectif de neutralité carbone pour 2040 et un objectif 2030 de -65 %. Une ambition qui ne sera sans doute pas immédiate, même si la mobilisation des jeunes depuis un an a eu un impact évident sur la motivation de l’Union européenne à aller plus vite sur le climat.

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