Le label bas-carbone sème les graines de la transition agricole et forestière

Les premiers projets visent le boisement, le reboisement et le balivage. [Shutterstock]

Un nouveau label a pour objectif de favoriser l’émergence de projets de réduction et de séquestration des émissions de gaz à effet de serre. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Créé par un décret du 28 novembre 2018, le label bas-carbone a été officiellement présenté le 23 avril au ministère de la transition écologique. Objectif: favoriser l’émergence de projets de réduction et de séquestration des émissions de gaz à effet de serre.

Si le label n’exclut aucun secteur, il vise en particulier l’agriculture et la foresterie, dont la mobilisation s’avère indispensable pour atteindre la neutralité carbone en 2050. C’est le cas du projet-pilote développé par l’Association syndicale libre de gestion des forêts de la Terre de Peyre, en Lozère. Au programme: boisement et reboisement de 36 hectares de pinèdes fortement dégradées par une tempête et la neige, en utilisant des essences variées. Résultat: plusieurs milliers de tonnes de CO2 stockées en quelques décennies.

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Garantie pour les financeurs

Fédérateur, le label compte faire pousser des projets de réduction d’émissions de gaz à effet de serre sur l’ensemble du territoire, quels que soient les acteurs: entreprises, collectivités, associations et même particuliers. En apportant une garantie solide aux financeurs potentiels, banques ou entreprises engagées dans la compensation carbone.

Plusieurs porteurs de projets en cours, comme l’agglomération de La Rochelle (territoire zéro carbone en 2050), visent d’ailleurs les financements de la Banque des territoires dans le cadre de l’appel à projet étatique Territoires d’innovation de grande ambition (Tiga). A un détail près: les réductions qui pourraient être obtenues en dehors de cette labellisation, en application de la réglementation par exemple (comme le système européen d’échange de quotas d’émissions), ne peuvent logiquement pas bénéficier du dispositif.

Effet boule de neige

Le label s’appuie par ailleurs sur des méthodes de réduction d’émission –par évitement ou séquestration- développées par chaque porteur de projet et approuvées par le ministère de la transition écologique.

«L’objectif n’est pas de faire d’un forestier ou d’un éleveur un spécialiste du carbone. Le plus important est de faire entrer dans la boucle des organisations représentatives comme le Centre national de la propriété forestière (CNPF), l’Institut de l’élevage (IDELE) ou le Centre national interprofessionnel de l’économie laitière (CNIEL), qui font partie de projets-pilotes, pour qu’elles fassent passer le message à leurs adhérents», explique Benoît Leguet, directeur général d’i4CE, à l’origine de la conception du label.

Un label qui prend en compte les réductions d’émissions directes, réalisées sur le périmètre du projet, comme les émissions indirectes, dont les déplacements de salariés, le transport amont ou aval des marchandises, l’énergie et les matériaux utilisés, l’usage des produits vendus…

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Balivage, boisement, reboisement

Les premières méthodes, approuvées la semaine dernière par le ministère de la transition écologique, intéresseront les porteurs de projets forestiers. Elles visent le balivage (éclaircie pour ne garder que les plus beaux arbres), le boisement et la reconstitution de forêts dégradées. Pour réduire les coûts de transaction (liés au monitoring, au reporting et à la vérification), Benoît Leguet conseille aux porteurs de projet de se référer aux méthodes publiées ou en cours de validation (élevage). «Réduire les coûts de transaction permet d’augmenter les coûts liés à la réduction des émissions», résume l’économiste du climat.

 

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