Le nouveau ministre allemand de l’Agriculture met l’accent sur la protection des forêts lors de sa première réunion européenne

Sur Twitter, le commissaire à l’Agriculture Janusz Wojciechowski (à gauche) a salué le « soutien ferme » du nouveau gouvernement allemand aux ambitions de la nouvelle PAC, affirmant partager « de nombreux points de vue » avec le nouveau ministre de l’Agriculture Cem Ozdëmir (à droite). [BMEL/Mewes]

Lors de son premier Conseil « Agriculture et pêche », le nouveau ministre allemand de l’Agriculture, Cem Özdemir, s’est présenté comme un partisan de la protection du climat et du bien-être animal alors que les ministres discutaient de mesures visant à lutter contre la déforestation.

« La destruction active des forêts est une catastrophe et accélère considérablement la crise climatique », a déclaré le membre des Verts, qui avait prêté serment en tant que ministre, une semaine auparavant en marge de la réunion du lundi, 13 décembre.

Lors de cette réunion mensuelle, les 27 ministres de l’Agriculture de l’UE ont discuté d’un règlement visant à lutter contre la déforestation, que la Commission européenne avait proposé en novembre. M. Özdemir s’est prononcé en faveur de la proposition de l’exécutif européen, affirmant qu’elle correspondait aux intérêts de la nouvelle coalition gouvernementale à Berlin.

« Nous ne pouvons pas nous contenter de promouvoir la protection des forêts en Allemagne, nous devons le faire au niveau mondial si nous voulons avoir une chance de surmonter la crise climatique », a-t-il déclaré.

La proposition de la Commission vise à réduire la consommation de produits liés à la déforestation en subordonnant l’importation de certains produits, y compris les produits agricoles de base, à l’obligation d’éviter la déforestation tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

M. Özdemir s’est réjoui que la proposition de règlement « établisse à juste titre un lien entre la déforestation dans le monde, d’une part, et la consommation de produits agricoles de base, d’autre part ».

Dans le même temps, il a souligné qu’une garantie de préservation des forêts existantes devrait être une condition préalable à tout accord commercial international conclu par l’UE, y compris par exemple l’accord MERCOSUR avec l’Amérique du Sud.

Cem Özdemir : un pragmatique de premier plan, mais un novice en matière d’agriculture

Le ministre allemand de l’Agriculture désigné, Cem Özdemir, n’a aucune expérience préalable à faire valoir dans ce domaine. Mais, en tant que chef des Verts depuis longtemps, il affirme avoir appris à « construire des ponts ». 

Premiers rendez-vous à Bruxelles

Le déplacement à Bruxelles pour la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE était le premier voyage de M. Özdemir dans le cadre de ses fonctions, un signe de « l’importance que l’UE revêt pour ce domaine politique qui m’a été confié », a-t-il déclaré.

Durant son séjour, il a également pu rencontrer pour la première fois les commissaires à l’agriculture Janusz Wojciechowski et à la pêche Virginijus Sinkevičius, ainsi que ses homologues français Julien Denormandie et Annick Girardin, qui prendront la présidence du Conseil « Agriculture et pêche » à partir de janvier.

Selon M. Wojciechowski, M. Özdemir et lui ont discuté de ce que le nouvel accord de coalition allemand réserve à l’agriculture, ainsi que du plan stratégique national allemand pour la mise en œuvre de la réforme de la politique agricole commune (PAC) de l’UE.

Sur Twitter, le commissaire a salué le « soutien ferme » du nouveau gouvernement allemand aux ambitions de la nouvelle PAC, affirmant partager « de nombreux points de vue » avec le ministre.

Cem Özdemir a également souligné l’importance de la coopération européenne afin de rendre la production alimentaire plus résistante aux crises telles que celle liée à la pandémie de Covid-19.

« C’est précisément en temps de crise que nous devons agir sur le plan européen », a déclaré M. Özdemir, ajoutant que l’UE avait fait preuve « d’esprit d’équipe et de fermeté » lorsque les chaînes d’approvisionnement étaient menacées par l’épidémie de coronavirus.

Au cours de leur réunion, les ministres ont adopté un plan d’intervention d’urgence visant à garantir l’approvisionnement alimentaire en temps de crise. M. Özdemir a salué cette décision, affirmant que le plan « instaure une coopération étroite » dans les situations d’urgence.

Outre la coopération européenne, le nouveau ministre a également tenu à se présenter comme un partisan du bien-être animal. « Si l’on revendique le droit d’utiliser des animaux, on a également l’obligation de les protéger de la meilleure façon possible », a-t-il déclaré.

Il a également rappelé son discours d’investiture, dans lequel il avait promis d’être le « principal défenseur de la cause animale » en Allemagne. Dans le même temps, lors de la cérémonie d’investiture à Berlin, il s’était également présenté comme avocat des agriculteurs.

Pour jongler avec ces deux aspects, une action au niveau européen serait essentielle, a estimé M. Özdemir. « Le cadre politique est souvent fixé à Bruxelles », a-t-il expliqué dans une déclaration suivant le conseil du 13 décembre, ajoutant que l’objectif de l’Allemagne serait de montrer la voie au niveau de l’UE et de concilier les différents intérêts.

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