Le réchauffement de la planète en route pour dépasser les 2 degrés

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La conférence du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC)  a durci sa position sur l'évolution du climat. Les scientifiques ont confirmé que l'augmentation des températures mondiales dépassera le seuil des 2 degrés.

Le GIEC a conclu sa conférence de Stockolm sur une série d'accords de principe sur des sujets clés.

D'ici 2100, la projection moyenne du réchauffement devrait être légèrement supérieure à 2 °C, un seuil au-dessus duquel le changement climatique endommagerait l'environnement.

Les scientifiques sont également certains que les émissions de gaz à effet de serre de l'homme ont provoqué le réchauffement de la planète.

La conférence de Stockholm est la première depuis 2007, lorsque le GIEC avait évalué les risques du réchauffement de la planète. Le rapport s'appuie sur des centaines de nouveaux documents de plus de 800 scientifiques.

Ce forum rassemble les scientifiques les plus éminents dans leur domaine et travaille sous les auspices de tous les gouvernements du monde, qui ont toujours leur mot à dire.

Des questions importantes restent sans réponse. Notamment les effets du changement climatique sur les eaux et les océans profonds ainsi que la répartition de la chaleur dans l'atmosphère.

Selon des participants, les progrès ont été relativement lents durant les négociations. Certains représentants ont été accusés de tenir des propos insensés. Les présidents auraient aussi été  trop indulgents lors des débats sur la formulation exacte du résumé de plus de 50 pages.

Stephan Singer de WWF juge que le rapport solide d'un point de vue scientifique. Il estime que les gouvernements l'adopteront à l'approche des négociations sur un nouvel accord mondial à propos des émissions. Ces discussions aboutiront à une conférence à Paris en 2015.

« Les gouvernements sont maîtres de la procédure, c'est très important », ajoute-t-il. « Si nous ne rencontrons pas de succès ici, les perspectives seront assez sombres pour [la conférence de] Paris. »

Grâce à l'amélioration des modèles, le rapport détaille plus qu'auparavant les effets du changement climatique à l'échelle régionale.

Les zones les plus vulnérables ont été mises en évidence, dont une grande partie de l'Afrique, de l'Asie et de l'Australie. Des prévisions fiables pour chaque pays ne sont toutefois pas encore réalisables. Le Royaume-Uni ne figurera probablement pas parmi les pays les plus touchés.

La tendance à des hivers plus doux s'accentue, mais les effets sur la période estivale en Grande-Bretagne sont encore trop incertains pour être inclus. Le ralentissement de l'effet Gulf Stream pourrait limiter la hausse des températures en Europe.

Des chercheurs ont laissé penser pendant plusieurs années que ce changement pourrait masquer les effets du réchauffement de la planète, en adoucissant les températures en Europe.

Dans le même temps, en marge de la conférence du GIEC, un groupe d'experts sur les risques et des entreprises ont publié une étude. Ce document révèle que certains risques liés au réchauffement ne seront pas tolérables.

Un réchauffement de la Terre d'au moins 6 °C provoquerait des changements catastrophiques aux quatre coins du monde. Ce risque s'élèverait probablement à 1 %, mais la Global Challenges Foundation a utilisé une modélisation des risques mise au point pour que les industries et les investisseurs établissent une comparaison avec le transport et la construction, par exemple. Les experts ont calculé qu'un niveau de risque similaire dans l'aviation équivaudrait à plus de 500 000 accidents d'avion mortels par an.

L'indignation de l’opinion publique serait très forte face à de tels chiffres. Les populations sont toutefois prêtes à tolérer ces risques dus au climat parce que beaucoup estiment encore ces perspectives de réchauffement catastrophiques éloignées, selon l'étude. Et l’être humain n’est pas doué pour les calculs de risques.

Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, Philippe Martin, ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, et Pascal Canfin, ministre délégué chargé du développement, saluent l'adoption unanime à Stockholm du premier volume du cinquième rapport du GIEC : « la première décennie du XXIe siècle (2001-2010) a été la plus chaude depuis 1850. L'augmentation de la température moyenne à la surface du globe, l'élévation du niveau des océans et l'accélération de la fonte des glaciers sont confirmées comme des faits scientifiques incontestables. »

« La France est mobilisée pour construire un pacte mondial sur le climat en 2015 qui engagera toutes les parties prenantes sur une limitation des émissions de gaz à effet de serre afin de contenir l'évolution des températures en deçà de 2°C à l'horizon 2100. »

Connie Hedegaard, la commissaire européenne à l'action pour le climat, déclare :  « Il ne s’agit pas de croire ou non dans le changement climatique. Mais plutôt de suivre la science ou non. Le jour où tous les scientifiques vous mettent en garde avec 100 % de certitude contre le changement climatique, ce sera trop tard. Si votre docteur est certain à 95 % que vous souffrez d'une maladie grave, vous chercheriez immédiatement le remède. Pourquoi devrions-nous prendre de plus gros risques quand c'est la santé de notre planète qui est en jeu ? L'Europe continuera à mener la lutte contre le changement climatique. Nous avons une législation ambitieuse en place. Nous réduisons nos émissions de manière considérable en utilisant davantage les énergies renouvelables et en économisant de l'énergie. Nous nous préparons à la prochaine étape : les objectifs climatiques et énergétiques pour 2030 que la Commission présentera d'ici la fin de l'année. En réalité, les autres suivent maintenant l'exemple. L'Europe continuera à exiger plus d'actions de la part de tous ceux qui produisent des émissions. »

« Les résultats de ce rapport ne sont pas une surprise. Les faits scientifiques présentés ne font que valider ce que nous pouvons déjà observer autour de nous », déclare Samantha Smith, leader du Global Climate Initiative du WWF et de l'énergie.

« Ce rapport montre que la science est claire sur les menaces du changement climatique. Le débat sur les responsabilités est fini. Tout ce qui compte maintenant, c’est ce que les gouvernements ont prévu de faire avec ce rapport qui porte leurs signatures », indique Emmanuel Seck, coordinnateur du Réseau Action Climat (CAN) WA, un réseau mondial de plus de 850 ONG.

« Nous ne pouvons pas nous permettre un autre rapport sur les menaces du changement climatique auxquelles nous sommes confrontés, de nous assoir en recueillant la poussière quand les impacts ne cessent de croître dans le monde réel », ajoute-t-il.

Andrew Bester, directeur général des services bancaires et directeur de groupe chez Lloyds Banking Group, indique : « Les entreprises britanniques, des PME aux plus grandes multinationales, constituent l'élément moteur de l'économie britannique. Tandis qu'elles regagnent confiance et cherchent à s’agrandir, il est nécessaire de saisir l'occasion pour adopter des pratiques environnementales profondes et gérer les risques posés par des questions environnementales, comme le changement climatique. Ceux qui prennent des mesures pourraient enregistrer des avantages en matière de coûts, de compétitivité et d'opérations, ce qui pourrait les aider à devancer leurs concurrents et à contribuer au bon fonctionnement de leur chaîne d'approvisionnement. »

L'UE s’est dotée de l’objectif contraignant de réduire ses émissions de CO2 de 20 % d'ici 2020 par rapport aux niveaux de 1990 et d’augmenter d’autant la part d'énergies renouvelables dans son mix énergétique.

L’objectif d’une augmentation de 20 % en termes d’efficacité énergétique a également été défini, mais il n'est pas juridiquement contraignant. La feuille de route pour une économie à faible intensité de carbone, élaborée en mars 2011, affirmait que si ces objectifs étaient atteints, le taux de réduction d'émissions monterait automatiquement à 25 %, soit 5 % au-dessus de l'objectif fixé.

En octobre 2009, les dirigeants européens ont approuvé un objectif à long terme de réduction des émissions collectives émises par les pays développés de 80 à 95 % d'ici 2050, par rapport aux niveaux de 1990. Cette action est en accord avec les recommandations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat de l'ONU au sujet de la prévention des changements climatiques de la Terre.

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