Le secteur électrique européen ne se décarbone pas assez vite

Le bilan 2018 du secteur électrique européen indique une baisse des émissions de CO2 d’environ 40 Mt. De quoi faire pâlir d’envie bien des contributeurs au renforcement de l’effet de serre. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Entre 2017 et 2018, les 24 principaux électriciens du Vieux monde ont ainsi réduit de plus de 6 % leurs émissions carbonées, souligne la dernière édition de Changement climatique et électricité, publiée ce lundi 10 février. Ce rythme annuel est presque deux fois supérieur à celui observé ces 6 dernières années pour ce groupe d’entreprises.

« Après un ralentissement en 2017, le facteur carbone européen reprend sa diminution en 2018, et atteint son niveau le plus bas depuis le début de l’étude en 2001 à 296 kg de CO2/MWh. En 17 ans, le facteur carbone du panel a diminué de 19 %, soit -1,2 % par an », indique PricewaterhouseCoopers (PWC). En 2007, le facteur carbone du secteur électrique européen flirtait avec les 380 CO2/MWh.

Douceur hivernale

À quels facteurs attribuer ces relativement bons résultats ? Ce n’est plus un scoop, la douceur de l’hiver 2017-2018 et la faible reprise de l’activité économique ont réduit la demande de courant. Sur l’année, la consommation européenne d’électrons a baissé de 1,3 %. Résultat, les centrales au charbon, au gaz et au lignite ont été moins sollicitées que les années précédentes. D’une année sur l’autre, leur production a baissé de 37 TWh.

Forte baisse des émissions de l’UE

Les rejets de gaz carbonique « énergétiques » des 28 ont baissé de 2,54% entre 2017 et 2018. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Les principaux émetteurs

Entreprises Émissions 2018 (mtco2/an) % du total Évolution 2017-2018
RWE 118 20,3 -10 %
EPH 76 13,4 stable
PGE 70 12 +18 %
Uniper 34 5,8 -7,3 %
Engie 32,7 5,6 -13 %
EDF 32,3 5,5 -30 %

Source : PWC

Dans le même temps, barrages et centrales hydroélectriques ont accru (merci les fortes pluies) de… 37 TWh le volume d’électricité injecté sur les réseaux. À cela, il faut ajouter un accroissement de 11 TWh de la production d’origine éolienne et photovoltaïque. Au total, confirme PWC, près de 23 % de la production des 24 électriciens étaient d’origine renouvelable : un record.

Le poids de l’hydraulique

Sommes-nous sur la voie de la décarbonisation du secteur électrique européen ? C’est possible. Mais ce n’est ni certain, ni irréversible. Les moyens de production thermique à flamme (charbon, gazole, gaz) ont réduit leur production, ils n’ont pas (dans leur écrasante majorité) définitivement fermé. Malgré une hausse régulière des capacités éoliennes, les chiffres des énergies renouvelables sont dictés par le productible hydroélectrique. En 2018, barrages et centrales au fil de l’eau ont généré 303 TWh : 3,6 fois la production d’origine éolienne.

Même si la tendance carbone générale est plutôt baissière, des hausses des émissions et du facteur carbone ne sont pas à exclure. Pareilles mésaventures se sont déjà produites en 2007 et en 2013. Certains électriciens très charbonniers, comme le Polonais PGE, le Grec PPC, ou l’Allemand RWE ont alourdi leur bilan carbone.

En octobre 2018, le Giec rappelait qu’une stabilisation du réchauffement à + 1,5 °C nécessite d’abattre de 70 à 85 % les émissions carbonées du secteur énergétique d’ici à 2050. Ce qui impose d’accélérer significativement le changement du bouquet énergétique et de tenir la cadence sur la durée.

Uber peine à se décarboner

Dans une étude, les Européens se disent prêts à payer plus cher pour des VTC zéro émission. Depuis plusieurs semaines, les ONG somment Uber de se décarboner. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

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