Le tandem Hamon-Jadot prône l’arrêt du Lyon-Turin

L'arrêt du projet Lyon-Turin fait partie du projet d'accord entre Yannick Jaodt et Benoît Hamon © Shutterstock

Fin des perturbateurs endocriniens et des pesticides, sortie du nucléaire, mais aussi suspension du grand projet européen du Lyon-Turin font partis du projet d’accord pour le ralliement du candidat écologiste la candidature de Benoit Hamon.

L’engagement de l’écologiste aux côtés du candidat du Parti socialiste s’est concrétisé le 23 février, après plusieurs semaines de tractation.

Yannick Jadot, désigné à l’issue de la primaire écologiste comme le candidat EELV à l’élection présidentielle n’était crédité que d’environ 2% des intentions de vote, selon les derniers sondages.

Écologie et socialisme

L’eurodéputé avait rapidement tendu la main au vainqueur de la primaire de la gauche, Benoît Hamon, dont le programme social et écologique laissait entrevoir une possibilité de rapprochement. Benoit Hamon reprend le « meilleur de l’écologie et le meilleur du socialisme » a affirmé Yannick Jadot lors d’une interview sur RTL, au lendemain du pacte entre les deux familles politiques.

Yannick Jadot rallie la candidature de Benoît Hamon

L’écologiste Yannick Jadot a annoncé jeudi qu’il retirait sa candidature à la présidentielle pour soutenir le socialiste Benoît Hamon, et demandant à Jean-Luc Mélenchon de les rejoindre.

L’accord de désistement de Yannick Jadot de la campagne présidentielle au profit du candidat socialiste doit encore être validé par les sympathisants écologistes avant le 26 février, les mêmes qui ont choisi l’eurodéputé comme candidat lors de la primaire.

>>Lire : L’eurodéputé Yannick Jadot crée la surprise à la primaire écolo

L’effet du report du vote écologiste sur la candidature de Benoît Hamon n’est pas encore connu. Ce dernier peine à se rapprocher du trio de tête, composé par Marine Le Pen, Emmanuel Macron et François Fillon, et demeure pour l’instant assez éloigné d’une éventuelle qualification au second tour.

Un contrat vert

L’accord négocié entre les deux candidats reprend un certain nombre de dispositions défendues par les écologistes de longue date, dont la première est la sortie définitive du nucléaire.

Le projet d’accord propose « une sortie progressive et intégrale » d’ici « une génération, soit 25 ans ». Les deux partenaires prévoient que les premières fermetures de réacteurs interviennent pendant le quinquennat. Les objectifs en matière d’énergie renouvelable ont évolué de la proposition d’un objectif de  50% d’énergies renouvelables à l’horizon 2025 à un objectif d’une France 100% renouvelable d’ici 2050.

Perturbateurs endocriniens et pesticides

Autre point de convergence acté par le projet d’accord, l’interdiction des pesticides et des perturbateurs endocriniens.

Selon Yannick Jadot, l’utilisation des pesticides a plutôt augmenté pendant le quinquennat de François Hollande, et ce malgré les engagements pris dès 2008 pendant le Grenelle de l’environnement. La grande conférence écologique organisée par Nicolas Sarkozy tablait alors sur une diminution de moitié des pesticides d’ici 2018.

Un objectif loin d’avoir été atteint, puisque la première baisse de l’utilisation des pesticides dans les cultures agricoles en France a été atteinte en 2015 et n’était que de 2,5%

Récemment, l‘organisation Générations futures a trouvé des perturbateurs endocriniens dans les cheveux de deux eurodéputés qui se sont prêtés au jeu des tests, José Bové et Yannick Jadot.

Dans ce  nouveau rapport, publié le 23 février l’organisation a proposé à  des personnalités du monde de l’écologie de lui confier une mèche de cheveux pour analyse par un laboratoire compétent. Résultat: 100% des personnalités ont dans le corps chacune des familles de produits analysés.

Lyon-Turin sur la sellette

Parmi les « verdissements » du programme de Benoit Hamon, figure la suppression des grands projets d’infrastructures controversés que sont l’aéroport Notre-Dame-Des-Landes, mais aussi celui de la ligne ferroviaire du Lyon-Turin.

Si le candidat socialiste avait déjà affiché son opposition au projet de l’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes, il n’avait jusqu’ici pas pris opposition sur celui du Lyon-Turin.

Bruxelles et ONG doutent toujours de Notre-Dame-des-Landes

A 3 jours du referendum, les enjeux environnementaux ne sont pas résolus, comme le rappellent la Commission européenne et les ONG.

Le projet d’accord précise que « lorsqu’est établie l’existence d’un lourd impact écologique d’un grand progrès d’investissement […] une conférence de consensus […] devra être organisée pour faire émerger des solutions alternatives ».

Une telle conférence devra d’ailleurs être mise en œuvre dans le cadre des deux projets. Pour le Lyon-Turin, « une ré/étude globale des réponses à apporter aux dangers de pollution des vallées alpines sera mené », précise le texte.

 >>Lire : Les députés approuvent le projet de Lyon-Turin sans débat

L’onéreux projet de liaison ferroviaire entre Lyon et Turin a été fortement critiqué par la famille écologiste, pour son coût, estimé entre 8 et 20 milliards d’euros, et son utilité trop faible au regard du coût des travaux.

Mais la construction du tunnel de 57 km reliant l’Italie et la France, fait partie des grands projets d’infrastructure de transport chers à l’Union européenne, qui a prévu d’en financer une partie conséquente, au travers du mécanisme d’interconnexion en Europe (MIE).

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