L’empreinte carbone des internautes apparaît désormais sur la facture

Les émissions de GES devront être mentionnées, en grammes ou kilogrammes – voire tonnes –, sur les factures des consommateurs, à côté du nombre de gigaoctets représentant la quantité de données dépensées [Boontoom Sae-Kor / Shutterstock]

Depuis le 1er janvier 2022, les fournisseurs d’accès internet (FAI) et les opérateurs mobiles ont l’obligation de communiquer à leurs abonnés les émissions de gaz à effets de serre liées à leurs consommations internet et mobiles.

Inscrite dans la loi anti-gaspillage, cette mesure a pour objectif de sensibiliser le grand public à l’impact de ses usages du numérique sur l’environnement ; ou plus prosaïquement, aux effets de l’utilisation d’internet sur la pollution atmosphérique.

« Cette information permettra aux consommateurs d’être sensibilisés sur l’impact de leur activité et de leur consommation numérique sur l’environnement et le climat, de même pour leurs fournisseurs d’accès qui pourraient ainsi être amenés à améliorer leur bilan CO2 » indique ainsi le document de référence sur la loi anti-gaspillage, paru en septembre 2021. 

Le fait d’inscrire cette mesure dans la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire est significative. Par cette loi, le gouvernement entend « accélérer le changement de modèle de production et de consommation afin de limiter les déchets et préserver les ressources naturelles, la biodiversité et le climat » poursuit le document.

Les émissions de gaz à effet de serre liées à un usage « récréatif » d’internet n’étant pas vitales, elles pourraient donc être réduites facilement si les citoyens prennent conscience de leur impact individuel et font évoluer, en conséquence, leurs pratiques. 

Des problèmes d’approximation et de mise en perspective

« À chaque fois qu’on va chercher de la donnée, et notamment du streaming vidéo (…), on fait appel à des ressources matérielles et énergétiques, et donc cela génère des émissions de gaz à effet de serre » a expliqué ainsi, sur France Info, Raphaël Guastavi, responsable du numérique et de l’environnement à l’Agence de la transition écologique (ADEME). 

Ces émissions devront dorénavant être mentionnées, en grammes ou kilogrammes – voire tonnes -, sur les factures des consommateurs, à côté du nombre de gigaoctets représentant la quantité de données dépensées.

Mais pour Vincent Courboulay, directeur scientifique de l’Institut pour un numérique responsable, il y a une incertitude sur la « fiabilité » de ce nombre de gigaoctets. « Cette loi oblige les FAI à tracer d’où vient la donnée consommée. Je ne sais pas s’ils peuvent le faire. Or, l’impact environnemental n’est pas le même si l’on consomme une donnée venant des États-Unis ou d’Europe, ou si c’est à partir de l’ADSL, de la 4G, de la fibre… Je pense donc qu’ils feront des estimations, une moyenne de ce que les gigaoctets consommés représentent en terme d’émission de gaz à effet de serre. » Une approximation qui pourrait desservir les effets de cette mesure législative.

Autre limite selon Vincent Courboulay : la donnée brute n’est pas significative. « Sans comparaison avec la moyenne des consommations nationales par exemple, comment je peux savoir si je consomme beaucoup ou pas ? »  Il faudra donc que cette mesure soit au moins couplée à d’autres actions de sensibilisation pédagogiques pour qu’elle soit suivie des effets escomptés.

Les opérateurs français devront être plus transparents sur leur empreinte carbone

Le Sénat a définitivement adopté mardi (2 novembre) la loi portant sur la réduction de l’empreinte environnementale du numérique. Le texte prévoit notamment d’obliger les opérateurs de télécommunications français à rendre public ce qu’ils mettent en œuvre à cette fin.

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