Les dangers pour l’environnement d’un Brexit sans accord

Des activistes dénudés perturbent une séance de la Chambre des communes britannique [EPA-EFE/Extinction Rebellion]

À 8 jours d’une probable sortie britannique de l’UE sans règles, la liste des dommages potentiels à l’environnement commence à se préciser. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Tous en slip ! C’est dans leur plus simple appareil que les militants du mouvement Extinction Rebellion ont fait irruption au Parlement britannique, le 1er avril, en plein débat sur le Brexit. Objectif : attirer l’attention sur la crise écologique et climatique. Un sujet non prioritaire dans les négociations de sortie de l’Union européenne. Et pourtant… 80 % des normes environnementales en vigueur au Royaume-Uni proviennent de Bruxelles. En cas de Brexit sans accord, et de mauvaise volonté de Londres, les dommages pourraient s’accroître davantage. Exit en effet la réglementation sur la dangerosité des produits chimiques (Reach). Exit aussi le système européen d’échange des quotas d’émission de gaz à effet de serre (ETS). Et adieu aux exportations britanniques de déchets. Pour ne citer que quelques exemples.

Les aléas climatiques ont déjà couté 500 milliards d’euros à l’Europe

Inondations, sècheresses, vagues de chaleur : les évènements climatiques extrêmes ont provoqué des pertes économiques de 453 milliards d’euros entre 1980 et 2017. Et coûté la vie à plus de 115 000 personnes en Europe.

Contrôles fragilisés

Du côté de Bruxelles, l’enthousiasme n’est pas non plus de mise. « Nous allons connaître des difficultés. Une sortie sans accord, le 12 avril, accroît les risques au niveau européen », reconnaît un fonctionnaire de la Commission européenne. En matière de contrôle sanitaire notamment. Si le nombre de douaniers et de vétérinaires a été gonflé dans tous les États membres, Bruxelles affirme qu’il existe des risques de dysfonctionnements dus à l’arrêt de toute collaboration entre les Britanniques et les institutions européennes. Moins de contrôles, c’est aussi des risques accrus de contrebande d’animaux et de trafic de déchets.

Eaux fermées

En matière de pêche, Bruxelles espère fortement que le Royaume-Uni ne fermera pas ses eaux aux pêcheurs de l’UE. L’hypothèse a pourtant été évoquée par la Première ministre Theresa May comme le secrétaire d’Etat Michael Gove. Dès 2019, le Royaume-Uni devrait également sortir des quotas de pêche et des objectifs de la PCP, dont la fin de la surpêche au plus tard en 2020. Un bémol au laisser-faire intégral : les Britanniques écoulent plus de la moitié de leurs produits de la pêche sur le marché intérieur européen. Des produits davantage taxés à partir du 13 avril, comme tout État tiers à l’Union européenne. Quant à l’entrée de pêcheurs anglais dans les eaux de l’UE, elle reste conditionnée à la conclusion d’accords bilatéraux.

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