Les hivers extrêmes liés au réchauffement arctique

[@EPA-EFE/IINA SINILUOMA]

Pendant que l’hiver arctique s’est dangereusement radouci, l’Amérique du Nord et l’Europe ont connu ces derniers mois des records de froid. Pas étonnant, selon une étude américaine publiée dans Nature Communications : les deux évènements sont étroitement liés. Un article du JDLE.

Un « Snowpocalypse » au nord-est des États-Unis, une Europe qui a grelotté de froid : l’hiver 2017-18 a été particulièrement rude dans l’hémisphère nord. De quoi faire braire les climatosceptiques de tout poil, qui croyaient tenir là un argument en leur faveur.

Pendant ce temps, l’Arctique a connu un hiver d’une douceur sans précédent, avec des températures dépassant parfois, fait inédit, la barre des 0°C. Avec ce paradoxe qu’il a, par moments, fait plus froid en Europe que dans le cercle Arctique.

Deux phénomènes liés

L’équipe de Jennifer Francis, climatologue à la Brunswick University (New Jersey), en donne l’explication : les deux phénomènes seraient liés. Les chercheurs ont analysé le climat hivernal arctique entre 1950 et 2016, le comparant à celui des États-Unis sur la même période.

La corrélation est très nette, particulièrement depuis 1990 avec la survenue de ce que l’on nomme l’amplification arctique : pour tout hiver anormalement doux en Arctique, le risque d’hiver très froid et très neigeux au nord-est des États-Unis est multiplié par quatre.

Aussi en Europe

Cette corrélation climatique est également relevée dans le nord de l’Europe et de l’Asie. Si corrélation ne signifie pas forcément causalité, les chercheurs notent que le réchauffement arctique précède le plus souvent de cinq jours les périodes de grand froid du nord-est des États-Unis.

Le jet-stream, moins étanche

L’explication réside dans le jet-stream : d’orientation ouest-est, ce vent, qui souffle au sommet de la troposphère (8 km d’altitude en Arctique), délimite le front polaire, à savoir la frontière entre les masses d’air arctique et celles d’air tempéré du sud.

Le jet-stream constitue ainsi une barrière entre les deux domaines climatiques, d’autant plus étanche que la zone polaire est froide. Quand celle-ci se réchauffe, la vitesse du jet-stream faiblit, et il tend à « couler » vers le sud, où l’air polaire s’engouffre.

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En Californie, des hivers plus doux

À l’inverse, l’ouest des États-Unis connaît un phénomène inverse : lorsque l’Arctique connaît un hiver très doux, la Californie assiste à des hivers plus cléments. Plus éloignée de l’influence arctique, cette région ne subirait que le réchauffement de fond, celui qui agit simultanément en Arctique.

« Cinq des six derniers hivers ont apporté un froid persistant dans l’est des États-Unis, mais des conditions chaudes et sèches dans l’Arctique. Notre étude suggère que ce n’est pas une coïncidence. Il est certes difficile de comprendre comment l’Arctique contribue à la sévérité ou à la persistance de ces grands froids nord-américains, mais il est de plus en plus difficile de croire que ces deux phénomènes ne sont pas liés », commente Jennifer Francis.

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