Les Nations unies veulent protéger les défenseurs de l’environnement

L'ONU-Environnement passe à l'offensive pour défendre les droits de l'environnement et leurs défenseurs. [United Nations Photo/Flickr]

L’ONU-Environnement a lancé, le 7 mars à Genève, une initiative pour défendre les droits des défenseurs environnementaux à travers le monde et favoriser l’accès à l’information et à la justice. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

Avec 197 morts l’an dernier selon le dernier rapport de Global Witness, la violence exercée à l’encontre des militants environnementaux ne cesse de se développer dans le monde, Amérique latine en tête (cf. encadré). Pour tenter d’enrayer le phénomène, l’ONU Environnement tire le signal auprès des gouvernements et des entreprises pour les conduire à lutter contre ce fléau.

« Ceux qui luttent pour protéger la planète devraient être considérés comme des héros. Malheureusement, ils paient un lourd tribut à leur sécurité, et parfois même à leur vie. C’est donc notre devoir de protéger ceux qui sont du bon côté de l’histoire et de défendre les droits de l’homme les plus fondamentaux et les plus universels », a déclaré Erik Solheim, directeur exécutif d’ONU-Environnement, lors du lancement de l’initiative.

DE LA THÉORIE À LA PRATIQUE

Paradoxalement, les droits de l’environnement sont aujourd’hui inscrits dans plus de 100 constitutions nationales, mais environ 4 militants sont tués chaque semaine. Sans oublier le grand nombre de personnes intimidées, harcelées et chassées de leurs terres…

Si les États ont une responsabilité à part entière, de nombreux pays font la sourde oreille, voire entravent le travail des militants. Entre 1993 et 2016, 48 États ont en effet pris des lois restreignant l’activité des ONG locales bénéficiant de fonds étrangers et 63 États ont limité les actions des ONG étrangères.

L’une des grandes figures latino-américaines de la défense de l’environnement, la Hondurienne Berta Cáceres, a été assassinée le 3 mars 2016. Soupçonné d’être à l’origine de ce meurtre, le président de la compagnie hydro-électrique Desarrollos Energetics SA, un militaire à la retraite, a été placé le 10 mars dernier en « détention préventive »selon une source judiciaire au Honduras.

INITIATIVES MULTIPLES

À l’inverse, les initiatives en faveur d’une reconnaissance de leurs droits se multiplient. 24 États d’Amérique latine et des Caraïbes ont signé, le 5 mars, un Pacte -intitulé LAC P10[1]– en faveur d’une meilleure protection des droits des défenseurs de l’environnement, davantage de participation du public dans les décisions et un meilleur accès à l’information et à la justice environnementale. Un pas que le World Resources Institute a jugé « historique ».

« Cette initiative peut être l’occasion de donner aux droits fondamentaux le même statut juridique que les droits de l’homme au niveau mondial », a commenté Leo Heileman, directeur d’ONU-Environnement pour l’Amérique latine et les Caraïbes. Concrètement, l’initiative onusienne doit donner naissance à un portail dédié sur internet, à des réseaux de défense de l’environnement, à des formations auprès des entreprises et des médias.

DROIT À UN ENVIRONNEMENT SAIN

« Les Nations unies doivent rattraper leur retard par rapport à plusieurs États. Je propose que le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU reconnaisse un droit mondial à un environnement sain », affirme le professeur John Knox, rapporteur spécial pour les droits de l’homme et l’environnement.

Sa reconnaissance est aussi visée par le projet de Pacte mondial pour l’environnement, porté par la France et rédigé par 80 juristes du monde entier sous la houlette de l’avocat Yann Aguila. Son article premier rappelle le « droit à un environnement écologiquement sain et propice à sa santé, à son bien-être, à sa dignité, à sa culture et à son épanouissement ». Enfin, ce droit est de plus en plus invoqué devant les tribunaux, à l’occasion des procès climatiques, dont le nombre grossit à vue d’œil.

[1] Latin American and Carribean countries declaration on Principle 10 (en référence au principe n° 10 de la Déclaration de Rio)

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