Les océans chauffent toujours plus vite

Un réchauffement doublé depuis 2005 [Wonderlane/Flickr]

Le réchauffement marin ne cesse de s’accélérer. Depuis 1991, le rythme a même doublé par rapport aux décennies précédentes. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Pour étudier le réchauffement climatique, rien de tel que le milieu marin, dont la température est bien moins sujette aux variations annuelles que celle du milieu terrestre. Les océans mondiaux constituent par ailleurs le plus grand puits du réchauffement, dont ils absorbent 93 % de celui lié au gaz à effet de serre d’origine anthropique.

Problème : le réseau de balises Argo n’a été déployé qu’au début des années 2000. Avant cela, les chercheurs recouraient à des bathythermographes, dont la fiabilité et la précision sont sujettes à caution. De ce fait, les observations ne sont pas en phase avec les prévisions du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), dont les calculs concluaient à un réchauffement marin plus élevé que celui effectivement mesuré.

Accord entre l’observation et la modélisation

Dans une étude publiée le 10 janvier dans la revue Science, Lijing Cheng, de l’Institut de physique atmosphérique de Pékin, et ses collègues réanalysent quatre études récentes, dont les auteurs ont utilisé de nouvelles méthodes statistiques permettant de gommer les biais de mesure et donc de pouvoir aligner les deux jeux de données. Bilan : ces nouveaux calculs réconcilient températures mesurées et modèles climatiques.

Les résultats confirment que le hiatus climatique, prétendue pause dans le réchauffement observée entre les années 1990 et 2000, n’a jamais existé –au grand désespoir des climatosceptiques, qui y voyaient un argument de poids à l’appui de leurs thèses. Pire, le réchauffement marin semble s’être récemment accéléré.

La justice climatique trouve une nouvelle arme dans le rapport du GIEC

Le rapport du GIEC devrait permettre aux citoyens de poursuivre en justice les gouvernements qui font preuve de manque d’ambition en termes de lutte contre le réchauffement climatique.

Un réchauffement doublé

Entre 1971 et 2010, les océans auraient ainsi absorbé un réchauffement compris entre 0,36 et 0,39 Watt par mètre carré –pour rappel, un Watt correspond à une énergie d’un Joule par seconde- sur les 2 000 premiers mètres de profondeur, résultat similaire au 0,39 Watt/m2 prédit par les modèles. Depuis 2005, ce réchauffement est passé à une valeur comprise entre 0,54 et 0,68 W/m2, là aussi de manière concordante avec les modèles (0,68 W/m2).

Selon les chercheurs, un scénario tendanciel (RCP8.5) équivaudrait, pour les 2 000 mètres de surface de l’océan, à une hausse de température de 0,78°C pour la période 2081-2100 par rapport à 1991-2005, soit une hausse de 30 centimètres du niveau marin du seul fait de l’expansion thermique –sans tenir compte de la fonte des glaciers et des pôles. Un scénario plus optimiste (RCP2.6) correspondrait à une élévation de 0,4°C.

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Un réchauffement de plus de 1,5°C aurait des conséquences tragiques. Seule une transformation immédiate à l’échelle planétaire permettra d’éviter le pire, selon les experts du GIEC. Un article de notre partenaire, Climate Home News.

 

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