Les premières mesures du plan Climat de Nicolas Hulot

Nicolas Hulot et l'ancienne ministre de l'écologie Ségolène Royal. [EPA/ETIENNE LAURENT]

Le ministre de la transition écologique et solidaire détaille 4 mesures intégrées à son plan Climat. Un article de notre partenaire, le JDLE.

Il aura fallu plus de deux mois à Nicolas Hulot pour concrétiser son plan Climat. Dans un entretien accordé ce lundi 18 septembre à Libération, le ministre d’État à la transition écologique et solidaire dévoile les 4 premières mesures de sa stratégie censée nous faire atteindre la neutralité carbone en trois décennies.

Prime à la conversion

La première est un classique du genre : la prime à la mise à la casse de vieux véhicules polluants. Rebaptisée « prime à la conversion », elle permettra aux Français remplaçant un véhicule ancien par une voiture à faible émission, (neuve ou d’occasion), de bénéficier d’une prime de 1 000 euros (contre 500 aujourd’hui).

Extension de la prime

Réelle novation : ladite prime est étendue à tous, alors qu’elle était réservée jusqu’alors aux ménages les plus modestes. Pour les familles non imposables, le montant de la prime sera doublé. Enfin, si la nouvelle voiture est électrique, la prime sera portée à 2 500 €, cumulables avec le bonus de 6 000 €.

Peu dissuasif

Voiture toujours, avec l’évolution annoncée du système de bonus-malus automobile. Le seuil d’application du malus sera porté à 120 grammes de CO2/km, soit 7 g de moins qu’aujourd’hui. A un terme non précisé, ce seuil sera abaissé à 95 g. Côté malus, les propriétaires de véhicules très émetteurs verront la taxe relevée à 10 500 € (+500 €). Pas très dissuasif, si l’on se souvient que le prix de berlines de luxe ou de voitures de grand tourisme se chiffre en dizaines, en centaines parfois, de milliers d’euros. Le bonus-malus à la Hulot continuera de sanctionner les seules émissions de gaz carbonique.

Contrairement aux deux premières, la troisième mesure n’aura que des effets indirects sur la qualité de l’air. Il sera difficile de la conjuguer aux PPA pour tenter d’infléchir la rigueur européenne. Créé par la loi sur la transition énergétique, le chèque énergie est testé dans 4 départements. Son application sera généralisée, comme prévu. Cela devrait permettre à 4 millions de ménages modestes de bénéficier d’une aide (variant de 48 à 227 € par an) pour régler leurs dépenses d’énergie.

Comme promis par le candidat Emmanuel Macron, le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) sera transformé en prime, « versée dès que les travaux seront achevés ». Toujours en ce qui concerne la rénovation énergétique, les certificats d’économie d’énergie pourront être octroyés aux ménages qui remplaceront leur chaudière au fioul par un système de chauffage utilisant les énergies renouvelables ou les pompes à chaleur.

Pas sûr que ce mini-arsenal nous mène directement sur la voie de la neutralité carbone. Même en 2050.