L’été sera chaud au nord et à l’est de la France

Les vagues de chaleur vont se multiplier au cours des prochaines décennies.

Après un deuxième trimestre parmi les plus chauds depuis 1900, les températures devraient battre de nouveaux records dans le nord et l’est de la France, selon les prévisions de Météo-France. Un article de notre partenaire le Journal de l’Environnement.

A moitié entamée, 2018 est déjà une année de records en France. « Le mois de janvier a été le plus chaud depuis 1900, avril le troisième le plus chaud, et juin le cinquième le plus chaud. Au total, le second trimestre, d’avril à juin, a atteint la deuxième température la plus élevée après 2003 par rapport à la même période », énumère François Gourand, prévisionniste à Météo-France.

Côté prévisions, un été plus chaud que la normale s’avère « probable » sur le nord et l’est de la France (jusqu’à fin septembre), le mois de juillet s’annonçant déjà parmi les plus chauds depuis 1900.

Quatre fois plus de vagues de chaleur

En se focalisant sur les vagues de chaleur, Météo-France a clairement observé leur multiplication et la hausse de leur sévérité depuis les années 1980. Cependant, une forte température ne suffit pas à qualifier un événement de « vague de chaleur ». Il faut non seulement une température élevée par rapport à la référence actuelle de 25,3°C, mais aussi une durée minimale et une intensité globale, qualifiée de « sévérité » pendant toute la durée de l’événement.

Résultat, le nombre de vagues de chaleur a quasiment quadruplé depuis 1980. La France a en effet connu 30 épisodes entre 1983 et 2017 contre 8 seulement entre 1942 et 1982. 2003 a bien sûr marqué les esprits, avec au moins 15.000 morts supplémentaires en France en août. « Cette vague de chaleur fut la plus sévère et la plus élevée qu’ait connue la France depuis 1947 », confirme François Gourand. Ce ne fut pas pour autant la plus longue. Le record de ce type date de 1983 (du 9 au 31 juillet).

Le mercure sous haute surveillance

« Pour s’adapter à ces nouvelles conditions météorologiques, le plan Canicule a évolué dans sa version 2018. Il précise 4 types de vague de chaleur dont les conséquences sanitaires sont différentes, (le pic de chaleur, l’épisode de chaleur persistant, la canicule et la canicule extrême), et étend la période de veille jusqu’au 15 septembre, contre le 31 août précédemment », explique le prévisionniste.

Ainsi le pic de chaleur (vigilance jaune) est atteint dès le dépassement des seuils bio-météorologiques pendant un ou deux jours. Si c’est le cas pendant au moins trois jours, l’événement devient un épisode de chaleur persistant. Pendant trois jours et trois nuits, c’est une canicule et pendant beaucoup plus que trois jours et trois nuits, c’est une canicule extrême.

Episodes à répétition

Quant aux prévisions réalisées d’ici la fin du siècle, elles sont largement pessimistes, quel que soit le scénario du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Ainsi Météo-France prévoit de 28 à 48 vagues de chaleur entre 2021 et 2050 selon un scénario bas et environ le même résultat selon un scénario haut, contre 12 à 16 entre 1976 et 2005.

En revanche, la différence se creuse nettement après 2050 selon la trajectoire des émissions de gaz à effet de serre. Dans un scénario bas, 29 à 60 épisodes sont attendus entre 2071 et 2100. Dans un scénario haut, le résultat bondit et oscille entre 61 et 99 vagues de chaleur. Soit deux à trois par an.

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