L’horizon s’éclaircit (un peu) pour le projet de taxe carbone européenne

La Pologne ne s’oppose plus à la mise en œuvre du mécanisme d’ajustement aux frontières. Un article de notre partenaire le Journal de l’environnement.

Les étoiles s’alignent pour que l’Europe mette en œuvre sa taxe carbone. Jeudi 6 février, le Premier ministre de Pologne a indiqué que son gouvernement ne s’opposait plus au projet de mécanisme d’ajustement aux frontières prôné par la Commission européenne.

« La Pologne soutient ce genre de mécanismes qui bénéficient à la croissance des entreprises européennes. Ils aident à maintenir l’industrie en Europe. Nous ne voulons pas que la production de ciment ou d’engrais soit délocalisée en Ukraine, au Belarus, en Inde ou en Chine », a indiqué Mateusz Morawiecki, au sortir d’un entretien avec le président du conseil européen, Charles Michel.

Protéger l’industrie sous ETS

Partie intégrée au projet de pacte vert, ce concept vise à taxer les importations des produits provenant de pays ne respectant pas l’accord de Paris. Une façon élégante d’inciter les pays tiers à réduire l’intensité carbone de leur industrie et de protéger les sites industriels européens soumis à l’ETS. Le gouvernement russe a indiqué aux exportateurs d’anticiper la mise en place d’un tel dispositif.

La taxe carbone aux frontières serait plus juste que la contribution climat énergie

Contrairement à la version française, la taxe carbone aux frontières souhaitée par la Commission européenne aurait un faible impact sur les ménages français.

Sa première ébauche pourrait figurer dans le projet de loi climat que la commission pourrait présenter le 4 mars prochain. Jeudi 6 février, lors du colloque annuel du syndicat des énergies renouvelables, l’eurodéputé Pascal Canfin a indiqué que ce texte pourrait être adopté avant l’été 2020.

Dissensus européen

Entretemps, il faudra que les chefs d’États et de gouvernements des 27 s’accordent sur le budget pluriannuel de la Commission von der Leyen, pour la période 2021-2027. Ce budget devrait pâtir du départ du Royaume-Uni, de la hausse annoncée des dépenses, notamment en faveur du climat et du dissensus régnant actuellement à Bruxelles. Charles Michel a convoqué un sommet européen pour le 20 février pour tenter d’aplanir les difficultés. Ce ne sera pas du luxe, tant les positions de la Commission, du parlement européen et de certains États restent éloignées les unes des autres.

L’UE pourrait utiliser la taxe carbone aux frontières contre le Royaume-Uni

Si, à la suite du Brexit, le Royaume-Uni décidait de ne plus respecter les règles communautaires sur les marchés du carbone, l’Union européenne pourrait soumettre son ancien membre à la taxe carbone aux frontières, avertit l’eurodéputé Pascal Canfin.

L’exécutif communautaire plaide pour un budget pluriannuel représentant 1,1 % du revenu national brut des États. Les parlementaires aimeraient porter ce niveau à 1,3 %, quand certaines chancelleries ne souhaitent pas dépasser 1 %.

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