Loi Climat : au chapitre « se loger », « pas de grand changement » pour la Fondation Abbé Pierre

Au delà de l'aspect environnemental de la rénovation des passoires énergétiques,  l'aspect santé est également important. Dans une étude publiée il y dix ans, la Fondation Abbé Pierre a constaté une chute des pathologies respiratoires, cutanées et psychologiques, en particulier chez les enfants, suite à des travaux de rénovations.  [Bruno Bleu]

Dans le cadre du projet de loi Climat et Résilience, les députés ont voté le volet « Se loger » mercredi dernier (14 avril) dont le but est, notamment, de « sortir des millions de ménages de la précarité énergétique ». Manuel Domergue, Directeur des études de la Fondation Abbé Pierre, note des « petites avancées, mais pas de grand changement. » 

Les deux mesures phares adoptées sont le gel du loyer des passoires énergétiques et l’interdiction progressive de la location de passoires énergétiques. Le texte prévoit un échéancier avec, en 2025, l’interdiction de louer les pires passoires énergétiques, les étiquettes G, et à partir de 2034 les étiquettes E.

Il est également inscrit que « dès 2023, les propriétaires de passoires thermiques seront obligés de réaliser des travaux de rénovation énergétique s’ils souhaitent augmenter le loyer de leur logement en location ».

« On reste très en deçà de ce qui avait été promis à la Convention citoyenne », regrette le Directeur des études, faisant notamment référence à la proposition des citoyens de rénover tous les logements « énergivores » et pas seulement ceux mis en location.

Loi Climat : bilan de la deuxième semaine de débats

Au chapitre « Se déplacer », la principale avancée est sans doute la suppression de certaines lignes aériennes intérieures pour les trajets accessibles en moins de 2h30 en train.

Si M. Domergue relève « l’aspect positif » d’avoir un calendrier, il souligne cependant que « la première échéance de 2023 est vraiment symbolique. Il n’y a que 90 000 logements concernés ». (En France, 4,8 millions de foyers vivent aujourd’hui dans des passoires énergétiques.) Avant d’ajouter, « la première vraie étape, c’est tous les logements en G en 2025. Cela représente à peu près 700 000 logements en France. » 

Au delà de l’aspect environnemental de la rénovation des passoires énergétiques,  l’aspect santé est également important. Dans une étude publiée il y dix ans, la Fondation Abbé Pierre a constaté une chute des pathologies respiratoires, cutanées et psychologiques, en particulier chez les enfants, suite à des travaux de rénovations.

La Fondation avait également estimé à 800 millions d’euros par an l’économie réalisée sur les dépenses de soin par l’État français.

« En rénovant des logements, on gagne sur des factures mais on économise aussi des dépenses de soin et on améliore la santé des personnes. C’est un chantier qui profite à tout le monde », conclut Manuel Domergue.

Loi Climat : premier bilan après une semaine de débats

Ce premier volet du futur texte de loi a pour but d’« accompagner durablement les Français dans leurs choix de consommation, grâce à des mesures portant sur l’éducation à l’environnement, la publicité, l’affichage environnemental et l’économie circulaire ».

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