Loi Climat : pourquoi l’interdiction des centres commerciaux géants est une fausse bonne idée

La loi Climat, dont le vote solennel a lieu ce mardi 4 mai, interdit toute nouvelle construction de centre commercial de plus de 10 000 m2 de surface de vente. Moins d’un hypermarché sur dix atteint cette surface, la moyenne étant de 5 500 m2, et de 1 300 m2 pour les supermarchés. [brillenstimmer]

La loi Climat, votée ce mardi 4 mai, interdit les nouveaux centres commerciaux de plus de 10 000 m2. En fait, les projets sont rares. Mais elle ne dit rien des entrepôts destinés à Amazon et autres sites de vente en ligne. Un article de notre partenaire Ouest-France.

La loi Climat, dont le vote solennel a lieu ce mardi 4 mai, interdit toute nouvelle construction de centre commercial de plus de 10 000 m2 de surface de vente. Moins d’un hypermarché sur dix atteint cette surface, la moyenne étant de 5 500 m2, et de 1 300 mpour les supermarchés. Le texte vise les grands hypers et les galeries et centres qui agrègent des dizaines de boutiques.

Loi Climat : au chapitre "se loger", "pas de grand changement" pour la Fondation Abbé Pierre

Dans le cadre du projet de loi Climat et Résilience, les députés ont voté le volet « Se loger » mercredi dernier (14 avril). Manuel Domergue, Directeur des études de la Fondation Abbé Pierre, note des « petites avancées, mais pas de grand changement. » 

Seulement 2 % des terres artificialisées

C’est un double objectif que vise la loi, poussée par la Convention citoyenne pour le Climat et par la ministre du Logement Emmanuelle Wargon : stopper à la fois le grignotage des espaces naturels et la destruction des commerces de centres-villes, que l’on cherche, par ailleurs, à « revitaliser » à grands frais.

Mais cette loi est trop radicale ​selon Jacques Creyssel, délégué général de la fédération du commerce et de la distribution (FCD). Les surfaces commerciales, ce n’est que 2 % des terres artificialisées, qui ne représentent elles-mêmes que 10 % du territoire. On stigmatise le commerce alors que l’artificialisation est surtout le fait du logement et des routes ​.

De toute façon, des projets de centres commerciaux, il n’y en a pratiquement plus, si l’on en croit la carte du conseil national qui les représente (CNCC) et le recensement de « Toute la Franchise », site spécialisé dans ce mode d’exploitation couvrant la moitié des 36 000 boutiques des 811 centres de l’Hexagone. Les rares projets en cours n’ont plus rien à voir avec les « malls » entièrement marchands à l’ancienne, mais ressemblent à de nouveaux centres-villes où voisinent commerces, logements, cinéma, restaurants et espaces de jeux.

Convention Citoyenne pour le climat : « C’était trop beau pour être vrai »

« Il y a seulement 18 propositions sur 149 qui n’ont pas été modifiées », commente Romain Turquoise, membre de YFC, pour qui « ce gouvernement est hypocrite ».

 

Des commerces vacants aussi en périphérie

 Aujourd’hui, 80 % à 90 % des opérations sont des rénovations ​, observe le délégué général du CNCC, Gondran Thüring. Le gouvernement met donc un coup d’arrêt sévère à un mouvement déjà très ralenti. Ce sont plutôt les abandons de projets très impopulaires qui font la une, du petit Open Sky à Rennes (27 000 m²) au pharaonique Europa City (800 000 m2) dans le Val-d’Oise, en passant par Val Tolosa (60 000 m2) à Toulouse.

Pour Pascale Hébel, directrice du pôle Consommation et Entreprises au Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie, les hypers où toute la famille se rendait en voiture, c’est révolu. Leur clientèle, c’était les baby-boomers, qui maintenant prennent leur retraite et déménagent en centre-ville. Les jeunes font moins d’enfants, vivent en ville et n’ont pas forcément de voiture. Ils n’ont jamais fréquenté les hypers. Leur modèle, ​observe Pascale Hébel, ​ c’est le commerce de proximité et les achats sur internet. Pour eux, c’est naturel et cela le devient chez les autres, avec les confinements »​.

Si un commerce de centre-ville sur sept est désormais vacant (le double d’il y a dix ans) du fait de la concurrence des zones de périphérie, celles-ci, phénomène nouveau, déplorent à leur tour 8 % de commerces inoccupés. Il faut dire que les promoteurs les ont fait progresser six fois plus vite que la population, alors qu’explose la vente en ligne, que rien dans la loi Climat ne vient freiner.

La loi Climat débarque à l’Assemblée à marche forcée

Objectif : « ancrer l’écologie dans le quotidien des Français », sortir le pays « de la crise » et réduire de 40 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 par rapport à 1990.

 

Subscribe to our newsletters

Subscribe
Contribuer