L’UE souhaite réduire les emballages grâce à une nouvelle législation

Dans le cadre de la révision, l’exécutif européen a également évoqué « l’introduction de différents critères en matière de contenu recyclé pour certains formats d’emballages spécifiques ». [RitaE / Pixabay]

Afin de mettre un terme à la surconsommation qui nuit à la planète et contribue au réchauffement climatique, l’Europe s’efforce de réduire sa production de déchets au plus vite. Cependant, malgré de nombreuses tentatives, les déchets d’emballages sont toujours en hausse sur le continent.

En 2018, l’Europe a généré 174,1 kg d’emballages par habitant. Afin de faire face à cette situation, la Commission européenne a annoncé vouloir rendre tous les emballages entièrement recyclables d’ici 2030, dans le cadre de son plan d’action pour l’économie circulaire.

Présenté en mars dernier, ce plan d’action définit une stratégie ayant pour but principal de résoudre le problème des déchets en Europe, notamment par le biais d’une révision des principales législations européennes, telles que la directive sur les emballages et les déchets d’emballages, pour laquelle la Commission présentera une proposition d’ici fin 2021.

Un rapport de consultation publique, publié au début de l’année, décrit les principaux objectifs de la révision : elle sera axée sur la réduction des emballages, la prévention des déchets, la réutilisation ainsi que la conception de la recyclabilité pour tous les emballages.

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Les contenus recyclés

Dans le cadre de la révision, l’exécutif européen a également évoqué « l’introduction de différents critères en matière de contenu recyclé pour certains formats d’emballages spécifiques ».

Ces critères sont fortement défendus par le Parlement européen. Ils sont en effet considérés comme essentiels à la création d’un marché pour les matières premières secondaires en Europe. Ils permettront également de favoriser la demande de matériaux recyclés pour éviter de recourir aux matériaux bruts, qui épuisent davantage les ressources de la planète.

« D’ici 2050, si nous continuons à utiliser les ressources naturelles à cette vitesse, nous n’aurons pas besoin d’une planète, mais de trois », a déclaré Jan Huitema, eurodéputé libéral néerlandais, auteur du rapport du Parlement européen sur le plan d’action pour l’économie circulaire.

« Il est préférable de s’assurer que nous utilisons les déchets que nous aurions habituellement brûlés ou jetés comme matière première précieuse dans la fabrication de nouveaux produits », a-t-il déclaré en février lorsque les législateurs ont voté pour la proposition du Parlement.

Mais les critères obligatoires en matière de contenu recyclé pourraient ne pas fonctionner pour tous les types de matériaux. Selon l’industrie des cartons à boissons, ils pourraient même produire l’effet inverse et causer davantage de dommages environnementaux.

« Nous pensons que [les critères obligatoires en matière de contenu recyclé] ne devraient être imposés que lorsque la chaîne de valeur du recyclage n’est pas efficace, comme pour le plastique. Mais ce n’est pas le cas du papier », a déclaré à EURACTIV Annick Carpentier, directrice du pôle développement durable à l’Alliance pour les cartons à boissons et l’environnement.

« Nous pensons que de tels critères pourraient se révéler contre-productifs pour la chaîne de valeur du recyclage du papier », a-t-elle prévenu, appelant à une analyse du cycle de vie pour décider si de tels critères devraient être mis en place ou non.

En 2019, la moitié des briques pour boisson en Europe ont été recyclées. Cette industrie cherche à atteindre un taux de recyclage de 70 % d’ici 2030, sur la base d’un taux de collecte de 90 %.

« La chaîne de valeur du recyclage du papier fonctionne vraiment bien. Il y a un marché, et il y a une production. Les produits à base de papier sont collectés, ils sont recyclés, puis la fibre est utilisée dans de nouveaux produits. Et tout cela fonctionne en fonction du marché. Alors, pourquoi vouloir le perturber ? », a déclaré Mme Carpentier.

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Encourager la réutilisation des déchets

La modification de la précédente directive, qui était principalement axée sur le recyclage, permettra de promouvoir des méthodes de prévention et réutilisation des déchets considérées comme plus respectueuses de l’environnement.

« Pour la première fois, la Commission s’engage à se concentrer pleinement sur la prévention des déchets dans la directive relative aux emballages », a déclaré Jean-Pierre Schweitzer, membre du Bureau européen de l’environnement, un groupe d’action écologique.

« Nous pensons qu’il s’agit d’une grande opportunité pour réduire la quantité globale d’emballages et de déchets d’emballages sur le marché européen. Nous avons actuellement atteint le niveau le plus élevé de l’histoire », a-t-il ajouté.

Selon la Commission européenne, la loi sur les emballages demande « des exigences plus claires et plus spécifiques sur la composition et la nature réutilisable et récupérable, y compris recyclable, des emballages ».

L’exécutif européen examinera la question de la modification des « exigences fondamentales » prévues par la législation en matière d’emballages. Tous les emballages mis sur le marché européen doivent être conformes à ces règles, qui portent sur la fabrication et la réutilisation du produit, ainsi que sur la réduction des matières dangereuses.

Certaines études ont montré que ces exigences doivent être renforcées pour favoriser le recyclage.

Toutefois, l’industrie de la brique carton a mis en garde contre certaines actions qui sont en faveur du recyclage, mais ne tiennent pas compte de l’impact plus large qu’elles pourraient avoir sur le climat.

« Les options de réutilisation sont certainement intéressantes dans certains cas et elles doivent être explorées, mais nous aimerions également que l’évaluation des options de réutilisation soit effectuée sur une base scientifique », a déclaré Mme Carpentier.

L’industrie de l’emballage en verre s’inquiète d’une augmentation des transports de matériaux en Europe. Cela causerait plus d’émissions carbone que nécessaire, et éliminerait en parallèle des matériaux utilisés par des chaînes d’approvisionnement déjà opérationnelles.

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