Dix maires européens appellent à la neutralité carbone pour 2050

Les maires de dix grandes villes européennes – dont Paris, Londres, Milan et Barcelone – ont publié une déclaration conjointe pour demander à l’UE d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050, comme l’énonce l’accord de Paris.

L’appel des dix maires coïncide avec le lancement d’une consultation publique cette semaine proposée par la Commission européenne sur la mise à jour de la feuille de route européenne pour une énergie à faible émission de CO2 pour 2050.

« Nous appelons la Commission européenne à atteindre les objectifs de 1,5 °C et d’émissions nulles, fixés dans le cadre de l’Accord de Paris, d’ici à 2050 », ont écrit les maires dans une lettre ouverte à l’exécutif européen, le 9 juillet.

Pour atteindre cet objectif, les émissions en Europe « doivent atteindre leur plus haut d’ici à 2020 » et diminuer jusqu’à parvenir à une neutralité carbone d’ici à la moitié du siècle, estiment-ils.

Le groupe des dix maires européens fait partie d’une coalition plus large de 9 000 villes dans le monde, s’étant engagées à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % d’ici à 2030 et à élaborer des stratégies d’adaptation pour faire face aux impacts du changement climatique, tels que les vagues de chaleur ou les inondations.

« Au vu de la hausse inquiétante des émissions de l’UE en 2017, nous avons récemment décidé de relever notre ambition, et avons promis de devenir neutres en carbone d’ici à 2050 », écrivent les maires.

« Nous œuvrons à la définition de nouveaux objectifs sectoriels pour 2030, vers des transports à émissions nulles, des bâtiments à zéro émission, des énergies 100 % renouvelables et le zéro déchet », ajoutent-ils.

Le Parlement vise zéro émission d’ici 2050

Victoire inattendue pour le climat : le Parlement européen soutient une proposition visant à supprimer les émissions nettes de gaz à effet de serre d’ici 2050.

Les signataires de la lettre ouverte sont les maires de grandes villes européennes comme Paris, Bonn, Stockholm, Copenhague, Milan, Londres et Barcelone. De plus petites villes comme Arendal en Norvège, Heidelberg en Allemagne et Turku en Finlande, ont aussi associé à la déclaration conjointe.

Leur appel survient quelques semaines après que les eurodéputés se sont accordés sur de nouveaux objectifs 2030 en termes d’efficacité énergétique et de renouvelables, qui relèvent l’ambition de l’Accord de Paris de réduire les émissions de gaz à effet de serre de l’UE.

Des objectifs obsolètes

La feuille de route existante pour une économie à faible émission de carbone pour 2050 a été publiée en 2011, avant que l’UE signe l’Accord de Paris, qui engage ses signataires à maintenir le réchauffement climatique « bien en dessous des 2°C » et à pas plus de 1,5°C.

La Commission européenne devrait présenter une version mise à jour en novembre, juste avant la conférence annuelle de l’ONU sur le climat, qui aura lieu à Katowice en Pologne.

« L’économie des solutions climatiques s’est transformée » depuis 2011, a déclaré Jonathan Gaventa, directeur du think tank E3G. « Les technologies comme les panneaux solaires et les éoliennes sont maintenant moins chères que ce que la Commission envisageait pour 2050 », fait-il remarquer, assurant que l’objectif de l’UE de réduire les émissions de 80 % d’ici à 2050 est aujourd’hui obsolète.

Les 28 veulent une feuille de route rapide sur le climat

Les dirigeants de l’UE ont demandé à la Commission de présenter une stratégie climatique pour 2050 « d’ici le premier trimestre 2019 », mettant fin aux spéculations sur le calendrier de la proposition.

Dynamique

Une dynamique se développe derrière l’objectif de zéro émission nette en 2050. En juin, une coalition de 14 États membres de l’UE a demandé à la Commission de veiller à ce que la nouvelle stratégie du milieu du siècle contienne à la fois une voie pour réduire les émissions vers la neutralité carbone et une voie pour limiter les hausses de température à 1,5°C.

« Cette nouvelle stratégie devrait s’appuyer sur les dernières données scientifiques disponibles, notamment sur le prochain rapport spécial du GIEC sur l’objectif de 1,5°C, qui est attendu à l’automne, avant la COP24 en Pologne, a déclaré le Green Growth Group (Groupe de croissance verte) des pays de l’UE dans une déclaration commune.

14 pays européens veulent faire plus pour le climat

Ils sont 14, soit plus de la moitié de la nouvelle UE à 27. Les membres du « Green Growth Group » réclament une feuille de route climat crédible pour la prochaine COP, qui se tient en décembre en Pologne.

Quelques jours plus tôt, la France et l’Allemagne ont appelé la Commission à développer une stratégie européenne pour 2050 visant à « la transformation à long terme vers une neutralité carbone », soutenant qu’il ne s’agit pas seulement d’une nécessité, mais aussi d’une opportunité économique.

L’objectif d’émissions nulles est soutenu par le règlement récent sur la gouvernance de l’union de l’énergie, qui appelle l’Europe à atteindre une neutralité carbone « le plus tôt possible ».

Accord européen pour viser une économie à zéro émission

Les négociateurs de la Commission, du Parlement et du Conseil ont conclu un accord sur la gouvernance de l’union de l’énergie. Leur ambition : une économie à zéro émission « le plus tôt possible », avec un budget carbone et des stratégies nationales pour 2050.

Le groupe des dix maires européens affirme qu’ils sont prêts à s’impliquer et à prendre leur « juste part » de responsabilité.

« Les villes en Europe sont de grosses émettrices de gaz à effet de serre, et nos résidents sont déjà affectés par le changement climatique, avec des inondations à Paris, Londres ou Copenhague, des événements climatiques extrêmes à Oslo et Stockholm et des vagues de chaleur à Milan et Barcelone », affirment les signataires.

« Nous espérons que cela vous inspirera à maintenir votre ambition et vous donnera l’assurance que la neutralité des émissions d’ici le milieu du siècle est pas seulement nécessaire et souhaitable, mais aussi réalisable. »

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