Merkel se prononce enfin sur la stratégie climat pour 2050

epa07569131 La chancelière allemande, Angela Merkel, et sa ministre de l'Environnement, Svenja Schulze (SPD) lors du Dialogue de Petersberg sur le climat, à Berlin, le 14 mai 2019. [ EPA-EFE/Michele Tantussi]

L’Allemagne pourrait rejoindre une alliance européenne visant la neutralité carbone d’ici 2050. Jusqu’ici, le gouvernement d’Angela Merkel s’était montré plus que frileux à ce sujet. Un article d’Euractiv Allemagne.

Le deuxième jour du Dialogue de Petersberg sur le climat, à Berlin, la chancelière allemande s’est exprimée pour la première fois de manière explicite : « Il ne s’agit pas de savoir si, mais comment nous pouvons atteindre cet objectif », a-t-elle déclaré.

Angela Merkel a récemment mis en place une commission chargée d’imaginer la voie vers une économie sans gaz à effet de serre d’ici 2050. Ses membres ont du pain sur la planche pour pouvoir présenter un programme avant le sommet onusien du 23 septembre.

« Si une réponse raisonnable est trouvée, nous nous joindrons à l’initiative lancée par neuf autres États membres. J’espère que ce sera possible », a indiqué la cheffe de gouvernement.

Une stratégie d’ici la fin de l’année

À ce jour, l’Allemagne prévoit une réduction de 80 à 59 % de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, comparé au niveau de 2005. En novembre 2018, la Commission européenne a pour sa part présenté une stratégie pour la climaneutralité de l’Union d’ici 2050, avec le soutien du Parlement.

À l’approche du sommet informel de Sibiu, la semaine dernière, neuf États membres, dont la France, ont également appelé à l’adoption de cet objectif. Berlin n’a cependant pas voulu rejoindre leurs rangs, soulignant qu’il fallait avant tout atteindre les objectifs intermédiaires pour 2030.

Berlin et Varsovie ferment les yeux sur l’urgence climatique

Avant le sommet sur l’avenir de l’Europe à Sibiu, un appel pour plus d’ambition climatique a été lancé par les gouvernements français, néerlandais, belge, suédois, danois, espagnol, portugais et luxembourgeois.

Durant les deux jours du Dialogue de Petersberg sur le climat, les ministres de 35 pays ont été invités à discuter de l’application de l’accord de Paris, ainsi que des préparatifs pour la prochaine conférence de l’ONU sur le climat (COP), qui aura lieu en décembre au Chili.

Lors de son discours à l’ouverture du dialogue, le 13 mai, Svenja Schulze, la ministre allemande à l’Environnement, issue du SPD, a critiqué l’indécision de la chancelière. « Je trouverais constructif de s’associer aux efforts français », a-t-elle indiqué, étant donné qu’ils ne font que suivre les recommandations scientifiques.

La ministre s’est donc réjouie des « clarifications importantes » apportées par Angela Merkel lors de la conférence de presse à l’issue de l’évènement. « Un pays industrialisé comme l’Allemagne a une grande responsabilité en termes de protection du climat », a-t-elle ajouté.

Pour Svenja Schulze, c’est cette année que l’Allemagne doit clarifier ses intentions. Elle espère que les commentaires de la chancelière marqueront le début de discussions au sein de la commission spéciale, qui doit lancer le processus d’adoption d’une loi ad hoc d’ici la fin de l’année.

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Tarif carbone

La question du prix du carbone, actuellement très débattue en Allemagne, a aussi été mentionnée lors du Dialogue de Petersberg. La ministre à l’Environnement voudrait introduire ce modèle dans le pays. Son ministère présentera ses travaux à ce sujet fin juin.

Lors du sommet de Sibiu, Angela Merkel a appelé à une « coalition des volontaires » pour trouver un système commun de tarification du carbone hors du cadre du système d’échange de quotas européen (ETS). Une position partagée par d’autres États membres, qui ne voient pas l’intérêt que chaque pays établisse son propre système tarifaire.

« Je ne défends pas une solution avec toute l’Europe, cela prendrait trop de temps », confirme Svenja Schulze, qui rappelle que les États membres ont des avis très différents sur la question.

Ce sont les associations de protection de l’environnement qui ont été les premières à réagir à l’engagement d’Angela Merkel. Greenpeace a salué la volonté de la chancelière de se joindre à l’alliance pour la neutralité climatique, mais appelle à plus d’efforts politiques pour que la décarbonation complète de l’UE puisse avoir lieu dès 2040.

Sur Twitter, le commissaire européen au climat, Miguel Arias Cañete, a dit espérer que la bonne volonté allemande se traduise par des décisions plus ambitieuses au Conseil avant la COP 25, en décembre. La ministre chilienne de l’Environnement, Carolina Schmidt, a déjà déclaré que le cadre d’un marché mondial du carbone devrait être établi pendant la COP.

L’organisation de développement et de protection environnementale Germanwatch s’est aussi félicitée de la prise de position de la chancelière. « Le calendrier est clair. Avant le sommet européen de juin, l’Allemagne doit soutenir officiellement le groupe d’États qui a lancé une initiative ambitieuse et cesser de bloquer les objectifs pour 2050.  L’adoption d’un objectif européen en juin est essentielle pour que d’autres pays importants puissent annoncer des objectifs climatiques plus élevés lors du sommet spécial de New York, en septembre », estime le PDG de l’association, Christoph Bals.

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