Méthane : Deux douzaines de pays annoncent leur adhésion au Global Methane Pledge

La réduction accélérée des émissions de méthane est « la stratégie la plus rapide dont nous disposons » pour empêcher le réchauffement climatique, a déclaré M. Timmermans. [EPA-EFE/FRANCOIS LENOIR]

Le soutien politique pour la réduction des émissions de méthane au niveau mondial s’accroît. Avant le sommet des Nations unies sur le climat qui se tiendra à Glasgow, 24 pays supplémentaires ont accepté, lundi 11 octobre, de signer le Global Methane Pledge (un engagement mondial concernant le méthane), lancé par l’UE et les États-Unis.

Les nouveaux signataires ont été reconnus lors d’une réunion ministérielle spéciale organisée par l’envoyé américain pour le climat, John Kerry, et le responsable du climat de la Commission européenne, Frans Timmermans.

La réduction accélérée des émissions de méthane est « la stratégie la plus rapide dont nous disposons » pour empêcher le réchauffement climatique, a déclaré M. Timmermans.

L’UE et les États-Unis ont publié une déclaration commune à la suite de la réunion ministérielle virtuelle de lundi.

Le président des États-Unis, Joe Biden, et la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, avaient annoncé le Global Methane Pledge ensemble, le 17 septembre dernier.

Cet engagement vise à réduire les émissions de méthane d’au moins 30 % d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 2020. Cela devrait permettre de réduire le réchauffement climatique d’au moins 0,2°C d’ici à 2050.

Le méthane est un puissant gaz à effet de serre qui a un impact sur le réchauffement de la planète plus de 80 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone sur une période de 20 ans dans l’atmosphère.

Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les émissions de méthane sont responsables de près de la moitié de l’augmentation nette de 1°C de la température moyenne mondiale observée depuis l’ère préindustrielle.

Le Canada, le Pakistan et le Nigeria font partie des pays qui s’engagent à l’égard du Global Methane Pledge, rejoignant ainsi les huit signataires initiaux annoncés le mois dernier. La France et l’Allemagne font également partie des nouveaux signataires.

Par ailleurs, neuf des vingt principaux émetteurs de méthane dans le monde prennent désormais part à l’engagement. Ils représentent environ 30 % des émissions mondiales de méthane et 60 % de l’économie mondiale, selon la déclaration conjointe de l’UE et des États-Unis.

Richard Lawrence, directeur de la High Tide Foundation, a déclaré que la réduction du méthane était « [le meilleur] acompte pour contenir le changement climatique ». La High Tide Foundation regroupe plusieurs organisations qui luttent contre le réchauffement climatique, dont 22 organisations caritatives qui soutiennent le Global Methane Pledge.

Ces organisations consacreront 223 millions de dollars à la réalisation des objectifs des pays concernés.

« J’espère que l’événement d’aujourd’hui et la COP26 du mois prochain encourageront davantage de personnes et de pays à nous rejoindre », a déclaré M. Lawrence.

L’association Française du Gaz confiante pour « dépasser l’objectif de production de biométhane de 1% en France cette année »

Patrick Corbin est président de l’Association Française du Gaz (AFG). Lors d’un entretien avec EURACTIV, il s’est confié sur le verdissement de la filière gaz en France et les futurs objectifs européens.

Réductions nationales et mondiales

L’objectif de réduction de 30 % est un objectif mondial, a déclaré M. Kerry. Cela signifie que chaque pays signataire de l’engagement n’est pas obligé d’atteindre l’objectif à titre individuel, tant qu’il le fait de manière collective.

Chaque pays a un point de départ différent, mais « fera ce qu’il peut pour réduire les émissions de méthane », a déclaré M. Kerry.

Malik Amin Aslam Khan, conseiller du PNUD sur le changement climatique au Pakistan, a déclaré que son pays était heureux de joindre cette initiative. « Si nous ne nous occupons pas [de la crise climatique] au cours de la prochaine décennie, il sera trop tard », a-t-il déclaré.

Frans Timmermans a rappelé que la majorité des émissions de méthane proviennent de l’extérieur de l’UE, via la production de pétrole et de gaz ainsi que l’agriculture. Selon un rapport des Nations unies publié l’année dernière, les combustibles fossiles sont responsables de 35 % des émissions de méthane, tandis que l’agriculture y contribue à hauteur de 40 % et les déchets tels que les décharges à hauteur de 20 %.

Les climatologues estiment toutefois que c’est dans le secteur des combustibles fossiles que les réductions d’émissions sont les moins coûteuses. En effet, le méthane est évacué après l’extraction du pétrole et peut s’échapper des gazoducs.

D’ici la fin de l’année, la Commission européenne devrait publier une législation sur la réduction du méthane dans tous les secteurs, y compris les chaînes d’approvisionnement à l’intérieur et à l’extérieur de l’UE.

Appel des Etats-Unis et de l'UE à rejoindre leur projet d'accord sur les émissions de méthane

L’Union européenne et les États-Unis ont appelé samedi (18 septembre) d’autres États à rejoindre leur projet d’accord sur une réduction des émissions de méthane afin de limiter le réchauffement climatique, à quelques semaines de la COP26.

La réaction des écologistes

Des organisations de protection de l’environnement telles que la Clean Air Task Force (CATF) et l’Environmental Defense Fund (EDF) se sont exprimées en faveur des nouveaux signataires, qui apposeront officiellement leur signature lors de la COP26.

« La dynamique se met en place pour un « moment méthane » à Glasgow », a déclaré Fred Krupp, président d’EDF. « La réduction de la pollution causée par le méthane est la solution la plus rapide dont nous disposons pour contribuer à éviter les risques climatiques les plus aigus, notamment la perte de récoltes, les incendies de forêt, les conditions météorologiques extrêmes et l’augmentation du niveau des mers. »

L’engagement de ces pays à l’égard du Global Methane Pledge est une « preuve indéniable de la volonté de prendre des mesures significatives et urgentes pour lutter contre la crise climatique », a déclaré Sarah Smith, directrice du programme des superpolluants de l’ACCP.

Les climatologues ont estimé que la réduction des émissions de méthane est primordiale afin d’empêcher que la planète ne se réchauffe au-delà de 1,5°C, comme le prévoit l’Accord de Paris sur le climat.

« Le fonds de lutte contre le méthane est une aide cruciale pour intensifier les efforts mondiaux nécessaires à la réalisation rapide de ces engagements », a déclaré M. Krupp. « Ce sont des ressources essentielles, en cette période décisive, qui feront sans conteste une différence notable dans la réduction de la pollution par le méthane au cours de cette décennie. »

Selon les responsables, la réduction des émissions de méthane permettra entre autres d’améliorer la santé publique et la productivité agricole.

Selon le Global Methane Assessment de 2021, la réalisation de l’objectif de réduction des émissions permettra de réduire la pollution liée à l’ozone troposphérique, causée en grande partie par le méthane. Cela pourrait « éviter plus de 200 000 décès prématurés, des centaines de milliers de visites aux urgences liées à l’asthme et plus de 20 millions de tonnes de pertes de récoltes par an d’ici à 2030 », selon l’évaluation.

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