Nouvelle revue du glyphosate sur fond de doute sur les études scientifiques

Le glyphosate est souvent épandu au début de l'hiver, en remplacement de labours

Alors que les États membres tentent d’accorder leurs violons sur l’herbicide, le quotidien Le Monde remet de nouveau en question l’indépendance des conclusions de l’agences des risques allemand, chargée par l’EFSA d’évaluer la molécule.

La France s’apprête de nouveau à vote contre le renouvellement de l’autorisation du glyphosate à Bruxelles, comme l’a précisé la secrétaire d’État Brune Poirson dans une tribune au Journal du dimanche. La Commission européenne doit proposer un renouvellement de l’autorisation de l’herbicide pour cinq ans lundi 27 novembre dans l’après-midi. La France milite au contraire pour un renouvellement de trois ans permettant de « changer de modèle agricole » progressivement, selon le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot.

L’autorisation de l’herbicide arrive à échéance le 15 décembre ; si les États membres ne s’accordent pas d’ici là, la Commission devrait prendre une décision seule, une responsabilité qu’elle préfèrerait éviter tant la polémique fait rage sur l’herbicide le plus utilisé en Europe.

Le glyphosate fait monter la tension entre États membres et Commission

Les États membres doivent cesser de se cacher, voire de se décharger sur la Commission sur la question du glyphosate, assure Vytenis Andriukaitis, commissaire à la santé et à la sécurité alimentaire.

D’un côté, les agriculteurs assurent ne pas pouvoir s’en passer, parce que les autres herbicides n’ont pas la même efficacité ou le même prix. Ils avancent également l’argument des émissions de CO2 : pour éviter la repousse des herbes en hiver après la récolte, ils répandent actuellement du glyphosate. Une autre solution serait de labourer, ce qui contribue à émettre plus de CO2.

De l’autre, les défenseurs de l’environnement s’inquiètent des conséquences pour la santé du produit que l’on retrouve dans de nombreux aliments selon l’ONG Générations futures. Sur 30 produits analysés, 16 en contenaient. Une situation qui pourrait être due à une utilisation non autorisées du produit, notamment pour faire sécher les céréales et les protéagineux.

Selon une enquête du journal Le Monde, qui a largement creusé le sujet ces derniers temps, l’omniprésence de Monsanto dans toutes les études scientifiques réalisées sur l’herbicide aurait permis d’éliminer les éléments les plus inquiétants. Il s’appuie notamment sur les travaux de l’ONG autrichienne Global 2000, qui caractérise de « plagiat » les travaux de l’institut de gestion des risques allemand, le BfR, chargé d’examiner le dossier pour l’agence européenne des risques sanitaires, l’EFSA. Un « plagiat » des travaux de Monsanto, qui œuvre visiblement en interne, selon le quotidien français, depuis, des années pour éliminer de la littérature scientifique tout élément évoquant la génotoxicité (le fait qu’il cause des dégâts sur l’ADN) de la molécule.

Autorisation ou pas, le Parlement européen s’est emparé du dossier et pourrait décider d’ici la fin de l’année de l’ouverture d’une commission d’enquête sur le sujet.

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