L’évolution des modes de vie, principale réponse au changement climatique

Selon l’OMS, les facteurs environnementaux comme la pollution de l’air, le bruit, les produits chimiques ou les radiations provoquent un quart des maladies chroniques et non transmissibles. [Asian Development Bank/Flickr]

Une mobilisation accrue des jeunes générations en faveur de mode de vie plus sains, notamment en réduisant la consommation de viande,  est le seul espoir de sauver la planète, estiment des scientifiques.

Lors de Biovision 2017, le forum mondial des sciences de la vie à Lyon, des spécialistes de l’environnement ont souligné l’impact du changement climatique sur la santé. Ils estiment qu’une plus grande implication des jeunes et des modes de vie plus sains sont le seul moyen de sauver la planète.

Les experts ont mis l’accent sur les bénéfices des biotechnologies dans différents secteurs ainsi que sur le rôle de l’UE pour mener le monde vers un avenir sans combustible fossile.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la pollution de l’air, le bruit, les produits chimiques ou les radiations provoquent un quart des maladies chroniques et non transmissibles.

Mais la réticence des gouvernements nationaux à s’attaquer à cette situation critique montre qu’il est nécessaire de trouver de nouvelles voies au niveau individuel.

Le Dr Rajendra Pachauri, ancien président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat et fondateur du mouvement Protect Our Planet, a souligné que la fenêtre d’opportunité pour agir était en train de se fermer rapidement.

« Les démocraties, pas seulement dans le monde développé, mais aussi dans les pays en développement, sont piégées dans des intérêts privés, les entreprises ne veulent qu’une seule chose : maximiser leurs bénéfices », a-t-il souligné, faisant référence au président américain Donald Trump qui veut revenir au charbon.

Jeunesse et science

Après avoir travaillé de nombreuses années sur le changement climatique, le Dr Pachauri est arrivé à la conclusion que les gouvernements ne résoudront jamais le problème. « La seule solution est de mobiliser les jeunes du monde », a-t-il commenté, tout en ajoutant que les écoles, les universités et autres établissements scolaires pouvaient impulser des changements de mode de vie en se concentrant sur l’alimentation.

Le professeur indien a par ailleurs souligné qu’il ne fallait pas négliger le rôle de la biotechnologie, qui pouvait servir à la fois l’environnement et la santé.

« Si la biotechnologie peut considérablement contribuer à la santé, mais aussi à l’innovation dans le secteur de l’énergie […] c’est un processus bénéfique pour tous qui aura des répercussions positives », a-t-il observé, ajoutant que la transformation de ressources de biomasse en énergie utile avait un important rôle à jouer.

Co-bénéfice

Selon Paolo Vineis, président du département d’épidémiologie environnementale à l’Imperial College de Londres, il existe un autre aspect positif qui ne dépend pas non plus des politiques.

Il s’intéresse notamment à la théorie des « co-bénéfices », c’est-à-dire agir dans un secteur et que les résultats de cette action soient bénéfiques pour le changement climatique, la santé et l’économie en général.

« Si vous abandonnez le charbon, vous atténuerez le changement climatique, et en même temps vous améliorerez la qualité de l’air. Les émissions des centrales à charbon sont très néfastes pour la santé et provoquent notamment des maladies cardiovasculaires », a-t-il assuré.

Paolo Vineis a également rappelé que les effets du changement climatique sur la santé n’étaient pas toujours évidents, mais qu’ils existaient. À titre d’exemple, il a expliqué qu’une conséquence peu connue du changement climatique était la hausse du taux de salinité dans les zones côtières, due à plusieurs mécanismes, dont la montée du niveau des mers.

« Des millions de personnes boivent de l’eau salée et sont exposées à un risque accru d’hypertension […] nous avons observé une épidémie d’hyperhydratation chez les femmes enceintes au Bangladesh », a-t-il expliqué, soulignant que la situation ne fera qu’empirer.

Moins de viande

Pour Paolo Vineis, changer ses habitudes alimentaires peut avoir un effet positif sur le climat. « En réduisant notre consommation de viande, nous pourrions améliorer notre santé et atténuer le changement climatique », a-t-il déclaré.

Selon une étude du ministère allemand de l’Agriculture et de l’Alimentation, 83 % des personnes interrogées déclarent manger de la viande plusieurs fois par semaine.

Or, la viande contribue grandement aux émissions de gaz à effet de serre (GES), à cause du méthane. Des estimations indiquent que 10 % des émissions de GES dans le monde sont liées à l’élevage.

Les bœufs et les vaches laitières sont les plus grandes sources d’émissions, et représentent 74 % des émissions mondiales émanant de l’élevage.

La surconsommation de viande alimente le réchauffement climatique

Édition spéciale. Notre consommation excessive de viande aura inévitablement un impact dangereux sur le climat, avertit une nouvelle étude, qui encourage les gouvernements, plutôt réticents, à agir.

Par ailleurs, en octobre 2015, le centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’OMS, a jugé que la consommation de viande rouge était probablement cancérigène pour les humains.

Les experts ont conclu que chaque portion de 50 grammes de viande transformée mangée chaque jour augmentait de 18 % le risque de cancer colorectal.

Au contraire, Paolo Vineis soutient que si les gens réduisaient leur consommation de viande et se tournaient vers d’autres sources de protéines comme les légumes, une importante réduction des émissions pourrait être observée.

« Nous réduirions ainsi les risques pour la santé et l’environnement ainsi que les maladies transmises par les animaux », a-t-il assuré.

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