Pour la gauche unie, « l’urgence écologique doit primer sur les règles européennes »

La règle verte consiste à « ne pas ponctionner sur la nature plus qu’elle ne est capable de nous restituer », explique Aurélie Trouvé, engagée dans la campagne présidentielle aux côtés de Jean-Luc Mélenchon. [DisobeyArt / Shutterstock]

Le programme environnemental porté par la Nouvelle Union populaire écologique et sociale repose sur plusieurs piliers, notamment la planification écologique et une « règle d’or climatique » instaurant la primauté écologique sur le droit européen.

Depuis dimanche 1er mai, la gauche française poursuit ses accords pour faire front commun aux élections législatives de juin prochain. Après Europe Ecologie les Verts dimanche, le parti communiste s’est rallié hier dans la journée tandis que le parti socialiste est parvenu à un accord de principe dans la nuit, qui doit encore être finalisé.

Ces partis se sont mis d’accord sur un programme commun portant notamment sur l’écologie. Dans un communiqué publié par La France insoumise le 2 mai, la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES) a précisé défendre « la mise en place d’une véritable planification écologique par l’application d’une règle verte (ou d’une règle d’or climatique) pour répondre à l’urgence climatique et environnementale ».

Dans un entretien accordé à EURACTIV, Aurélie Trouvé, militante altermondialiste engagée dans la campagne présidentielle aux côtés de Jean-Luc Mélenchon, indique que la règle verte consiste à « ne pas ponctionner sur la nature plus qu’elle ne est capable de nous restituer ». Elle poursuit : « Toutes les décisions prises par un gouvernement et toutes les lois votées doivent être dépendantes de cette règle verte ».

Dans la feuille de route de la NUPES figure la protection de la biodiversité, la lutte contre la pollution des milieux et la diminution des gaz à effet de serre afin d’atteindre les objectifs fixés par l’accord de Paris.

Aurélie Trouvé précise que pour agir selon ces 3 axes, « il faut remettre en cause le système économique en place. Il faut que les décisions principales de l’économie ne soient pas dirigées par la rentabilité à court terme des capitaux mais par les besoins sociaux et écologiques. Et ça, ça demande de changer le système et pas de l’aménager à la marge ».

C’est là que la planification écologique entre en jeu afin de contrer le marché et ses « logiques de court terme en fonction de la rentabilité des capitaux ». Pour Aurélie Trouvé, il importe de « reprendre en main des grandes décisions économiques par la planification » et de « fixer des trajectoire d’investissement et de désinvestissement », notamment pour soutenir la rénovation thermique des logements et les transports en commun, et pour sortir des énergies fossiles.

Repenser le droit européen

Au niveau européen, la NUPES plaide pour une désobéissance “éclairée”. Dans le communiqué du 2 mai publié par La France insoumise, il est souligné que « si certaines règles européennes sont un point d’appui » pour la gauche, « de nombreuses autres sont en décalage voire en contradiction avec les impératifs de l’urgence écologique et sociale ».

Selon la NUPES, certaines normes de la concurrence et budgétaires vont à l’encontre des intérêts écologiques. « Pour atteindre [nos] objectifs en réponse à l’urgence écologique, nous devons accepter de désobéir à certaines règles européennes » insiste Aurélie Trouvé. « Nous pensons que l’urgence écolo doit primer sur des règles européennes ».

Pour autant, pas question de tourner le dos à l’Europe. Aurélie Trouvé en convient, il y a des législations « qui permettent de protéger », notamment le Green Deal. Pour les autres, la NUPES fera pression pour faire évoluer les règles européennes « qui nous empêchent de répondre à l’urgence écologique ».

Le cadre privilégié par la NUPES est celle « des coopérations altermondialistes », plus précisément le « cadre onusien » pour permettre « une régulation mondiale multilatérale » a précisé Aurélie Trouvé. Un événement de lancement de la NUPES devrait se tenir samedi 7 mai.

Les Verts se défendent de tout accommodement sur l'Europe après l'accord passé avec LFI

Les Verts font bloc pour défendre leur nouveau partenariat avec le parti de Jean-Luc Mélenchon en vue des législatives, tandis que le parti est accusé de compromission sur l’Europe.

[Edité par Frédéric Simon]

Subscribe to our newsletters

Subscribe