La pression monte sur la Grande-Bretagne pour renforcer ses objectifs climatiques

La pression monte sur la Grande-Bretagne pour renforcer ses objectifs climatiques [Mark_Taylor66 / Pixabay]

En Grande-Bretagne, le secteur des entreprises appelle le gouvernement à fixer un objectif climatique ambitieux à l’aube d’un sommet organisé par Londres et l’Organisation des Nations Unies le 12 décembre, cinq ans après la conclusion de l’accord de Paris.

Le sommet, prévu samedi prochain (12 décembre), visera à préparer la 26e conférence annuelle de l’ONU sur le climat, la COP26, qui aura lieu à Glasgow en novembre 2021.

Les dirigeants du bloc se rencontreront la veille (11 décembre) au cours d’un sommet européen à l’issue duquel ils devraient s’accorder sur l’objectif climatique du bloc pour 2030, un objectif jusqu’à présent retardé en raison de la position polonaise à ce propos.

L’objectif britannique est déjà plus élevé que celui proposé par l’UE, Londres souhaitant atteindre une réduction de 57 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 1990. De son côté, la Commission européenne a proposé une baisse à 55 %, tandis que le Parlement s’est plutôt prononcé en faveur d’un objectif à 60 %.

Aux yeux des experts climatiques, les objectifs climatiques du Royaume-Uni sont à portée de main, mais ils ne s’alignent pas sur l’engagement du pays à atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050.

Les objectifs climatiques européens sont-ils suffisamment ambitieux ?

Alors que le parlement européen s’apprête à se prononcer sur le plan climat en séance plénière demain, le Fonds mondial pour la nature (WWF) est revenu sur les objectifs climatiques de l’Union européenne lors d’une conférence de presse.

L’Écosse, quant à elle, a déjà revu son objectif à la hausse, annonçant une réduction des émissions de CO2 de 75 % d’ici à 2030 dans le but de devenir neutre en carbone d’ici à 2045.

Bien que la nation fasse partie du Royaume-Uni, son gouvernement entend publier une contribution déterminée au niveau national (CDN) conformément à l’accord de Paris.

« Même si nous faisons partie intégrante du Royaume-Uni, nous pouvons officiellement soumettre une CDN. Le gouvernement écossais souhaite œuvrer davantage et augmenter l’ambition climatique mondiale en vue de la COP26 organisée à Glasgow l’année prochaine », a soutenu Roseanna Cunningham, secrétaire écossaise à l’Environnement et au Changement climatique.

La contribution déterminée au niveau national et les ambitions renforcées de l’Écosse font pression sur Westminster, tandis que des élections municipales devraient y être organisées en mai – l’occasion pour le parti national écossais de mettre en avant l’indépendance de sa patrie.

Édimbourg avait déjà exercé des pressions sur le gouvernement britannique en le poussant à effectuer un paiement unique aux professionnels de la santé pour les remercier de leur travail au cours de la crise sanitaire.

Le mois dernier, le 10, Downing Street a annoncé un plan en 10 points à hauteur de 12 milliards de livres sterling pour une relance verte post Covid-19. Cependant, le secteur des entreprises exhorte aussi le gouvernement à fixer un objectif de réduction des émissions ambitieux à l’horizon 2030.

En effet, plus de 75 sociétés, notamment Tesco, BT, ScottishPower, Sky, E.ON, EDF et Coca-Cola ont signé une lettre à l’intention de Boris Johnson, soulignant le besoin urgent d’un objectif climatique ambitieux aligné sur l’accord de Paris et la neutralité carbone du pays d’ici à 2050.

Pascal Canfin: Les états doivent être sanctionnés s’ils ne respectent pas les objectifs climat

Les négociations sur la loi climat européenne entrent dans la dernière ligne droite. Selon Pascal Canfin, qui pilote ces négociations pour le Parlement, les états doivent être sanctionnés s’ils ne respectent pas la trajectoire d’émission de CO2 qui leur a été fixée.

« Il est possible que le gouvernement démontre l’ambition adéquate dans le but d’amorcer une reprise soucieuse de l’environnement et de garantir ainsi sa place sur la scène internationale », peut-on lire dans la missive.

Keith Anderson, PDG de ScottishPower, a appelé à une réduction des émissions de gaz à effet de serre portée à 70 %, ajoutant que sa société était prête à ouvrir la voie vers le zéro net.

« Si nous voulons profiter pleinement des avantages de cette transition, favoriser l’adoption de nouvelles technologies, soutenir le changement de comportement et avancer au rythme qu’exige la climatologie, notre ambition doit être assortie d’un objectif tout aussi ambitieux pour la CDN britannique à l’horizon 2030 », a-t-il conclu.

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