La consommation de viande pèse sur le bilan carbone français

vegetables [Shutterstock]

Les habitudes alimentaires différentes des pays de l’UE pèsent sur leur empreinte carbone. La consommation de viande, surtout de boeuf et de porc, alourdit les bilans carbone notamment de la France et de la Grèce.

Selon une étude publiée par le magasin de nutrition nu3, les pays du nord de l’Europe, comme la Suède, le Danemark, la Finlande et la Norvège, pourraient réduire leurs émissions de CO2 en mangeant plus durablement : en remplaçant davantage de produits d’origine animale par des produits végétaux par exemple.  Dans le cas de ces pays, ce sont principalement les produits laitiers, fromages et œufs qui les mettent dans le rouge.

L’Allemagne s’en tire mieux, n’arrivant qu’en 38e position des pays où l’empreinte écologique de l’alimentation est la plus haute. Tout comme les pays du sud, comme l’Italie, le Portugal et l’Espagne, qui arrivent respectivement à la 28e, 31e et 42e place. La Grèce et la France sont quant à elles à la 16e et 17e place, à cause de leur consommation excessive de viande de porc, bœuf ou agneau, beaucoup moins écologiques que la volaille ou le poisson.

Les trois pays en haut de la liste sont l’Argentine, l’Australie et l’Islande, où on mange énormément de viande (une centaine de kilos par an et par personne), et notamment de viande de bœuf, la plus polluante. Au Bangladesh à l’inverse, on mange surtout des légumes, et l’empreinte carbone de l’alimentation est plus élevée pour les végétaux, y compris le soja, le riz, le blé et les noix, que pour les animaux.

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Étude internationale

L’étude compare les émissions de CO2 de 130 pays en fonction de leurs habitudes alimentaires grâce aux données de la FAO, l’organisation de l’ONU dédiée à l’alimentation et à l’agriculture. Ses résultats ne se limitent pas à présenter les émissions de carbone liées à l’alimentation par pays et par type de produits, mais donnent aussi une évaluation précise de l’économie d’émissions que l’on fait en échangeant un kilo de viande par un kilo de produits végétariens.

« Cette étude montre à quel point nous pourrions réduire notre empreinte carbone alimentaire simplement en modifiant nos habitudes. Il est aujourd’hui difficile d’ignorer les bienfaits d’une transition alimentaire vers un régime plus imprégné de produits végétaliens, pour notre santé, mais aussi pour la planète », déclare Robert Sünderhauf, CEO de nu3.

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L’étude souligne aussi les différences entre les habitudes des pays, et l’impact que celles-ci ont sur les émissions de CO2. La ville de Hong Kong est par exemple, à elle seule en première ligne des émissions liées à la consommation de porc. Le Brésil et les États-Unis sont parmi les plus gros mangeurs de bœuf et les plus grands producteurs de viande. En Tunisie, en Algérie et au Maroc, la plupart des émissions liées à la nourriture proviennent de la production de blé. En ce qui concerne les pays asiatiques, le Bangladesh, le Cambodge et le Vietnam produisent surtout du riz, alors que Taiwan, la Corée du Sud et le Japon préfèrent le soja.

Le but affiché de l’étude est d’informer sur les conséquences écologiques de la consommation excessive de produits animaux et d’encourager les citoyens à changer leurs habitudes alimentaires afin de réduire leur empreinte carbone.

« Pour ceux qui considèrent une alimentation entièrement vegan comme un obstacle, notre classement donne des pistes de réflexion quant aux alternatives réalistes et faciles à mettre en pratique. Par exemple, le poisson et la volaille ont un bien moindre taux de CO2 que les viandes rouges, plus grasses, telles que le bœuf ou l’agneau, tout comme la production d’œufs émet nettement moins de CO2 que celle des produits laitiers ou des fromages », explique Robert Sünderhauf.

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