Seul le secteur du charbon soutient la sortie de l’Accord de Paris

Le secteur du charbon ne cache pas sa joie. [Rasta777/Shutterstock]

L’annonce de Donald Trump de retirer les États-Unis de l’Accord de Paris fait l’objet d’une réprobation quasi-totale du côté des entreprises américaines. Seul à se réjouir ouvertement, le secteur charbonnier. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

Du côté des grands patrons américains, les réactions au discours de Donald Trump ne se sont pas fait attendre: le PDG du constructeur de voitures électriques Tesla, Elon Musk, a aussitôt démissionné de son poste de conseiller auprès du président. Idem pour Bob Iger, président de Disney.

Regroupant des sociétés comme Yahoo, Ebay et Apple, l’Information Technology Industry Center (ITI) juge que cette décision «scelle un revers pour le leadership américain dans le monde».

Plus surprenante, l’opposition manifestée par plusieurs dirigeants d’entreprises parmi les plus émettrices de gaz à effet de serre (GES). Le numéro 1 américain de l’automobile, General Motors, a assuré à l’AFP «défendre publiquement l’action et la prise de conscience sur le climat».

L’industrie «doit prendre la tête»

Du côté de General Electric, son PDG Jeff Immelt indique dans un tweet être «déçu par la décision sur l’Accord de Paris». «Le changement climatique est réel. L’industrie doit maintenant prendre la tête et ne plus dépendre du gouvernement», ajoute-t-il.

Réaction sincère ou simple souci d’image, l’unanimité s’étend même à ExxonMobil, selon qui cet accord, qui s’applique aussi à de grands pays émergents redoutés par Donald Trump, constitue un compromis «crucial» et «un important pas en avant pour relever le défi mondial de la réduction des émissions».

L'Europe doit renoncer au charbon d'ici à 2030 pour respecter l'Accord de Paris

Toutes les centrales électriques à charbon de l’UE devront fermer d’ici à 2030 pour que l’Union puisse respecter ses engagements pris dans le cadre de l’accord de Paris sur la lutte contre le changement climatique, estime dans un rapport l’institut Climate Analytics.

Bonne nouvelle pour le charbon

Seul à manifester sa joie, le secteur du charbon exulte. Basée dans l’Ohio, la compagnie minière Murray Energy estime que par sa décision, Donald Trump «soutient les valeurs de l’Amérique, en sauvant des emplois et en promouvant une énergie à bas coût et fiable pour les Américains comme pour le reste du monde».

Quant au président de l’American Coalition for Clean Coal Electricity, Paul Bailey, il juge qu’«obéir aux objectifs du président Obama aurait conduit à toujours plus de régulation, une énergie plus coûteuse, et la dépendance à des sources d’énergie moins fiables».

Le charbon, une énergie coûteuse

Si l’on prend en compte les 23 000 morts prématurées, les maladies et l’impact écologique, le charbon n’est plus une énergie si bon marché que ça, souligne le rapport de quatre ONG.

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