Madrid et Rome changent la position de l’UE sur le climat

La présidence bulgare de l’UE a présenté de nouvelles options pour les ministres de l’Énergie qui se réunissent le lundi 11 juin. Objectif : finaliser trois lois qui détermineront la politique énergétique et climatique de l’Europe jusqu’en 2030.

Avec les nouveaux gouvernements espagnol et italien, la majorité en faveur d’une plus grande ambition en matière d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique a peut-être changé de manière décisive, affirment les défenseurs de l’environnement.

Pour la première fois, la Bulgarie a mis des chiffres plus élevés sur la table, y compris l’objectif de porter la part des énergies renouvelables à 33 % du bouquet énergétique de l’Union d’ici 2030 et de réduire les déchets énergétiques de 33 % supplémentaires.

Des objectifs plus élevés que ce que les ministres de l’UE avaient provisoirement convenu lors des réunions précédentes, et qui se rapprochent de la demande du Parlement européen pour un objectif de 35 % s’appliquant à la fois aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique.

Un document diffusé par Sofia, et obtenu par Euractiv, montre les options que les ministres de l’Énergie de l’UE seront invités à choisir lorsqu’ils se réuniront à Luxembourg le 11 juin pour finaliser leur position sur trois lois sur les énergies propres – la directive sur les énergies renouvelables, la directive sur l’efficacité énergétique et le règlement sur la gouvernance de l’Union de l’énergie.

Le document a été envoyé aux États membres de l’UE. Il leur était demandé d’indiquer leurs préférences après que la Suède, la France, le Portugal, les Pays-Bas et d’autres pays ont fait pression sur la Bulgarie pour relever le niveau d’ambition du bloc en matière d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique.

Renouvelables : deux options sur la table pour 2030

Les eurodéputés veulent plus de renouvelables que les chefs d’Etat. Le compromis devrait se traduire par un objectif de 30 à 33 % d’énergies renouvelables pour 2030.

La proposition bulgare a été saluée comme « un grand pas vers une véritable action climatique » par Roland Joebstl, un responsable du Bureau européen de l’environnement (BEE), qui a déclaré qu’à la veille de la réunion ministérielle de lundi, il constatait un « nouvel élan ».

En début d’année, la Commission européenne s’est pliée à un exercice de modélisation, qui estimait qu’un objectif de 33 % sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique équivaudrait à une réduction globale de 46 % des gaz à effet de serre d’ici 2030, soit nettement plus que l’objectif de 40 % convenu par les dirigeants de l’UE en 2014.

« Il est possible d’aller plus loin – jusqu’à environ 50 % – si l’on suppose un déploiement rapide des véhicules électriques et une action nationale pour l’élimination progressive du charbon », a déclaré Roland Joebstl.

Majorité changeante

L’initiative de Sofia intervient après l’arrivée au pouvoir de nouveaux gouvernements en Espagne et en Italie, qui ont déplacé la majorité au sein du bloc des 28 États membres.

En Espagne, Teresa Ribera, la nouvelle ministre de l’Énergie et de l’Environnement, a déclaré que le gouvernement se joindrait à la coalition des pays de l’UE les plus ambitieux en termes de réductions des émissions de carbone et d’énergie propre. « Nous avons l’intention d’augmenter l’ambition sur le climat et la vitesse de la transition énergétique », a-t-elle déclaré à Climate Home News. Lors d’une réunion des ambassadeurs de l’UE le 8 mai dernier, l’Espagne avait été le seul pays à s’opposer à un taux d’efficacité énergétique supérieur à 30 %.

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En Italie, le ministre de l’Énergie est issu du mouvement 5 étoiles, dont les membres du Parlement européen ont soutenu un objectif contraignant de 35 % pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, a déclaré Roland Joebstl.

Le dernier signe est venu des Pays-Bas, où le Parlement a voté une résolution le 7 juin en faveur d’un objectif de 33 % pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. « Les Pays-Bas étaient déjà clairs sur leur plus grande ambition en matière de réduction des gaz à effet de serre et le parlement néerlandais a aussi donné son feu vert pour viser 33 % », a-t-il ajouté.

La présidence bulgare recherche un mandat « flexible ».

La Bulgarie espère obtenir un mandat flexible lorsque les 28 ministres de l’Énergie de l’UE se réuniront lundi à Luxembourg.

« Nous devons clore les trois dossiers », a déclaré Zhecho Stankov, vice-ministre de l’Énergie de Bulgarie, qui assure actuellement la présidence tournante du Conseil des ministres.

L’un des grands points d’interrogation restants est la position allemande. « L’Allemagne n’est toujours pas sortie de sa cachette sur les objectifs en matière d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique », précise Roland Joebstl.

Peter Altmaier, le ministre fédéral de l’Économie et de l’Énergie, est « sous pression pour ne pas gâcher les restes de la bonne image de la chancelière Merkel ».

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