Madrid tente d’adopter in extremis un plan climat

epa06799876 Miguel Arias Canete, commissaire européen chargé de l'énergie et de l'action pour le climat, et Teresa Ribera, ministre espagnole de la Transition écologique, avant une réunion du Conseil des ministres européens de l'énergie à Luxembourg, le 11 juin 2018. [EPA-EFE/JULIEN WARNAND]

Madrid s’est lancée dans une course contre la montre pour adopter un plan climat et énergie pour 2030 avant les élections anticipées. L’Espagne est à présent le seul État membre en retard.

Sept pays européens ont raté la date limite du 31 décembre 2018 pour remettre leur plan climat et énergie pour 2030 à la Commission. Depuis cinq d’entre eux se sont rattrapés, et il ne reste plus que l’Espagne.

Les négociateurs européens se sont accordés sur toutes les nouvelles règles pour la décennie à venir, qui comprennent des objectifs d’efficacité énergétique et de proportion des renouvelables. L’exécutif européen va à présent se pencher sur les programmes nationaux pour voir si les efforts promis suffiront.

Le retard de l’Espagne n’est pas sans motif. La ministre socialiste à la transition écologique, Teresa Ribera, a souligné que son gouvernement, dont le mandat a débuté l’été dernier, n’a eu que six mois pour préparer son programme. Selon elle, le gouvernement précédent, mené par Mariano Rajoy n’avait « pas écrit un seul mot ».

Sept États membres en retard sur leur stratégie énergie et climat

Les 28 avaient jusqu’à fin décembre pour déposer auprès de l’exécutif européen leur plan énergie climat 2050.  La Bulgarie, la République tchèque, Chypre, la Grèce, la Hongrie, le Luxembourg et l’Espagne ont raté le coche.

En janvier, la ministre a déclaré que le document serait « bientôt » envoyé à la Commission. Le gouvernement se réunit le 22 février pour s’exprimer sur le projet de programme. Celui-ci devra ensuite être validé par le parlement, mais des sources indiquent que le texte sera envoyé à la Commission dès sa finalisation, malgré les élections anticipées qui auront lieu le 28 avril.

Le texte pourrait être remis directement au commissaire au climat, Miguel Arias Cañete, en visite dans son pays natal cette semaine pour présenter la stratégie climatique de la Commission pour 2050.

Les sources insistent cependant sur le fait que rien ne sera fait avant que les ministres approuvent le projet. Le commissaire espagnol tient cependant à être retenu pour son action climatique, et ne verrait sans doute pas d’un bon œil tout retard.

Les renouvelables en hausse, mais pas assez

Dans l’UE, la consommation d’énergie issue des renouvelables est toujours à la hausse, malgré un ralentissement du développement des énergies renouvelables. Cela ne suffira cependant pas à atteindre les objectifs pour 2020.

Selon Reuters, le texte s’inscrira dans un projet de loi prévoyant 47 milliards d’euros d’investissement sur dix ans pour rendre l’Espagne carboneutre d’ici 2050. Il inclura également des mesures pour contrer les suppressions d’emplois liées à l’élimination des combustibles fossiles.

Des enchères de capacité seront organisées pour permettre au pays d’atteindre 74 % de renouvelables d’ici 2030 et 100 % au milieu du siècle.

L’Espagne est à présent le dernier pays à ne pas avoir soumis sa contribution à la stratégie climatique européenne. Le Luxembourg a en effet annoncé avoir « notifié » la Commission de son projet de plan la semaine dernière

Le projet luxembourgeois, auquel Euractiv a eu accès, inclut un objectif de renouvelable de 25 % et des réductions d’émissions d’environ 50 % pour 2030. Le Luxembourg viserait aussi une économie zéro carbone d’ici 2050.

Stefan Scheuer, expert en efficacité énergétique, a compilé les données des plans soumis jusqu’à présent afin de comparer les contributions nationales à l’objectif 2030 de l’Union en matière d’économies d’énergie. Son analyse montre que les contributions sont « jusqu’à présent insuffisantes ».

Toutefois, il a salué le projet du Luxembourg, affirmant qu’il « est bien au-dessus de la moyenne et proche du potentiel de rentabilité ».

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