L’ombre du Dieselgate plane sur Tajani

Antonio Tajani [European Commission]

Antonio Tajani (PPE), favori aux élections du Parlement européen, est de plus en plus encombré par son rôle dans le scandale des tests d’émissions Volkswagen. Un article de notre partenaire, WirtschaftsWoche.

En juillet 2012, le commissaire à l’industrie, qui était alors Antonio Tajani, du Parti populaire européen, aurait été informé par un cadre d’un fournisseur de pièces automobiles de la manipulation des tests d’émissions et de l’existence des dispositifs d’invalidation. C’est en 2015 qu’il a été révélé que Volkswagen utilisait ce type de technologie, lors du scandale baptisé « Dieselgate ».

Les raisons de l’inaction de l’ancien commissaire sont à présent examinées par une commission d’investigation parlementaire, chargée d’éclaircir sa complicité dans l’affaire.

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Pour couronner le tout, le 26 novembre 2015, Antonio Tajani a posté les coordonnées du cadre qui l’aurait informé de l’existence du logiciel de fraude sur Twitter. Il a ainsi rendu public le fait que le fournisseur en question avait accusé un de ses clients, Volkswagen, de tricher aux tests d’émissions.

Craignant de subir les conséquences économiques de cette mauvaise publicité, l’entreprise a demandé à Antonio Tajani d’effacer son post Twitter. En vain, puisque celui qui était alors eurodéputé a insisté pour que le fournisseur assure publiquement ne l’avoir jamais informé des manipulations des tests, et que le post en question est toujours en ligne. Contacté par WirtschaftsWoche, le candidat PPE a refusé de commenter.

Pourtant, au-delà de son manque d’action après les révélations de 2012, cette publication pourrait coûter cher au candidat PPE.

Rolf Schwartmann, professeur de droit à l’université technique de Cologne et président de la société pour la protection des données, considère qu’Antonio Tajani a clairement enfreint les règles en vigueur. « La publication par un eurodéputé d’un document confidentiel contenant les nom et numéro de téléphone d’un tiers sans l’autorisation de cette personne est une violation de la loi sur la protection des données », assure-t-il.

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wirtschaftswoche