La ligne de fracture entre l’Est et l’Ouest persiste sur le climat

Angela Merkel [EPA-EFE/CLEMENS BILAN]

Des documents confidentiels rédigés en vue du Conseil européen révèlent une division est-ouest sur le climat. L’Allemagne se range du côté de la Pologne, la Hongrie, et la République tchèque qui refusent de s’engager pour la neutralité carbone d’ici à 2050.

Les documents confidentiels de préparation au sommet européen du 21 et 22 mars à Bruxelles montrent les amendements proposés par chaque pays pour la déclaration finale des chefs d’État et de gouvernement.

Pour ce qui est du climat, les documents fuités révèlent une division de plus en plus profonde entre deux groupes distincts de pays.

D’un côté, la France, les Pays-Bas, le Luxembourg, l’Espagne, le Portugal, la Finlande, la Suède et le Danemark, ont tous soutenu le plan de la Commission européenne de décarboner l’UE d’ici à 2050, en lien avec l’objectif de l’accord de Paris de maintenir le réchauffement climatique en dessous des 1,5°C.

Une proposition française par exemple, souligne que l’Europe doit faire tout son possible pour la neutralité carbone « d’ici à 2050, conformément à l’objectif de 1,5 degré de l’accord de Paris ».

Elle appelle ensuite les États membres de l’UE à « préparer une discussion lors du sommet européen de juin pour définir les annonces de l’UE lors du sommet de New York pour le climat en septembre ». Les deux amendements ont été rejetés dans la version finale.

D’un autre côté, l’Allemagne, la Pologne, la Hongrie et la République tchèque, refusent de lier précisément l’action de l’UE pour le climat à l’objectif de 1,5°C. Ils s’opposent aussi à tout engagement assorti d’échéances pour l’objectif européen de neutralité carbone, et ont donc supprimé toute référence à 2050 pour l’atteindre.

« Pour ce qui est du changement climatique, il y a clairement une fracture croissante entre l’Allemagne et la Pologne d’un côté, et la France et d’autres gouvernements de l’autre », assure Sebastian Mang, conseiller sur la politique climatique de l’UE chez Greenpeace, une ONG de défense de l’environnement.

« L’Allemagne tente de bloquer les efforts de la France et de plusieurs gouvernements européens pour que l’UE atteigne des émissions nulles de gaz à effet de serre d’ici à 2050 », explique-t-il.

L’année dernière, la Commission européenne a proposé des scénarios 2050 pour l’action pour le climat, exhortant les États membres à soutenir ses propositions de ramener les émissions de carbone à zéro net d’ici à la moitié du siècle.

« Je maintiens sans l’ombre d’un doute que l’objectif de l’UE devrait être d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. Il n’y a pas d’autres solutions », a déclaré Miguel Arias Cañete, commissaire européen en charge de l’action climatique et de l’énergie.

«L’objectif de neutralité carbone pour 2050 est incontournable»

Pour le commissaire au climat, Miguel Arias Cañete, il ne fait aucun doute que l’UE doit atteindre la « neutralité carbone » d’ici 2050. Il entend utiliser les quelques mois qui lui restent à cette fin.

Les scientifiques du monde entier ont prévenu l’année dernière qu’un réchauffement climatique de plus de 1,5°C aurait des effets dévastateurs pour la planète, en provoquant des vagues de chaleur extrême, des inondations et des tempêtes qui risquent de plonger des millions de personnes dans la misère et de causer des migrations forcées.

Selon la Commission, « cela aurait de graves conséquences sur la productivité de l’économie européenne », y compris sur sa capacité à produire des aliments, ce qui en fin de compte affectera la « stabilité politique ».

Le soutien public pour l’action pour le climat s’est intensifié ces derniers mois. Des millions de jeunes d’Europe et du monde entier descendent dans les rues pour demander davantage d’engagements politiques pour lutter contre le réchauffement climatique.

« La réponse de l’Allemagne à ces manifestations sans précédent de jeunes du monde entier est tout simplement de mettre des freins à l’action européenne pour le climat », regrette le conseiller de Greenpeace. « Angela Merkel est clairement du mauvais côté de l’histoire ».

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