Thierry Breton envisage des obligations sorties de la dette pour financer le Green Deal

Thierry Breton. EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ

Le commissaire français évoque des sources de financement non conventionnelles, auxquelles pourrait contribuer la BCE,  qui ne seraient pas considérées comme de la dette pour les Etats. Objectif : dégager 1000 milliards d’euros pour financer le Green deal.

Le commissaire français a l’intention de se pencher sur la question du « Green deal » européen, et notamment de son volet industriel et financier, a-t-il indiqué lors d’un passage à Paris lundi 20 janvier.

Mais il prévient que la transition climatique durera longtemps. « La transition, ça ne se fait pas en un jour, même à Paris ! » a assuré l’ancien ministre de l’Economie de Jacques Chirac. « J’ai vécu des transitions industrielles, cela dure une génération, soit 25 ans », a-t-il prévenu, tout en précisant qu’il présenterait, d’ici quelques semaines, une « véritable vision industrielle qui manquait à  l’Union européenne. »

Nommé depuis seulement 6 semaines, l’ex-PDG d’Atos s’est déjà penché sur les modalités du financement de la transition énergétique, sur lequel il a visiblement des idées. Il reconnait en effet que les besoins de financement, qu’il évalue à 1000 milliards d’euros sur 10 ans, sont très ambitieux.

Des obligations non comptabilisées dans la dette des Etats

Et évoque une solution à tiroirs pour trouver ces financements. A commencer par la création d’obligations de très long terme, « de 20, 30 voire 50 ans, qui permettrait de profiter des taux d’intérêt bas voire négatifs », un outil tout à fait approprié pour la transition écologique selon lui.

« Nous allons en discuter avec la BCE qui chercher des outils où investir dans le cadre de sa politique de quantitative easing » précise le commissaire, qui dit avoir travaillé dès son arrivée à la Commission sur le sujet avec son collègue italien Paolo Gentiloni.

Larrouturou : "La BCE pourrait plus investir dans le climat"

Spécialiste de la transition climatique, Pierre Larrouturou déplore la faiblesse des montants d’argent frais mis sur la table par l’exécutif européen, mais ne manque pas d’idées pour  en trouver.

« Le dispositif pourra être déconsolidant au niveau de la dette »  ajoute-t-il, ce qui permettrait de sortir ces financements du calcul du déficit selon les critères de Maastricht, la dette étant au départ émise par les Etats.

Des ressources propres provenant de la taxe carbone aux frontières

La seconde partie de ce financement non conventionnel reposera sur le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières. Les ressources issues de cette taxe appliquée aux produits en provenance de zones non soumises à un prix du carbone, et en priorité aux métaux comme l’acier ou l’aluminium dont la fabrication entraîne des émissions de CO2 importantes, seront aussi mises à contribution pour financer la transition. Ces ressources devraient ainsi venir « abonder les mécanismes non conventionnels ».

« Il faut que l’ensemble de nos entreprises ne soient pas pénalisées par rapport à une concurrence déloyale. Dans cette chaîne de transition il ne faut pas voir notre compétitivité s’effondrer » a précisé le commissaire au marché intérieur. Au rang des ressources propres, le commissaire qui doit rencontrer à Davos le président Donald Trump aux côtés d’Ursula von der Leyen, a aussi l’intention de batailler ferme sur le sujet de la taxe destinée aux Gafam. «  Cette réflexion ira à son terme » a-t-il prévenu.

2020, année test pour le Green deal européen

Ursula von der Leyen a surpris jusqu’aux défenseurs de l’environnement lorsqu’elle a annoncé qu’elle ferait de la politique climatique la « marque de fabrique » de son mandat. Il lui faut maintenant passer de la parole aux actes.

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