Les institutions catholiques abandonnent les combustibles fossiles

Même la ville natale de Saint François d'Assise, en Italie, abandonne symboliquement les combustibles fossiles. [Sam Morgan]

Quarante institutions catholiques à travers le monde ont décidé de ne plus investir dans les combustibles fossiles cette semaine. Il s’agit du plus grand désinvestissement jamais réalisé par des institutions religieuses, y compris des banques, des universités et même la ville italienne où est né Saint François d’Assise.

Le 3 octobre marque à la fois l’anniversaire de la mort de Saint François d’Assise et le jour où le christianisme a mis un terme à sa relation avec le charbon, le gaz et le pétrole, suite à la lettre apostolique du Pape François en 2015 dans laquelle il affirmait que la protection de la nature n’était plus « optionnelle ».

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Ce désinvestissement massif devrait avoir un impact considérable sur le reste du monde catholique, puisqu’un certain nombre d’institutions ont appuyé leur décision sur des préoccupations morales et financières.

« La clarté morale de ces 40 institutions est un événement réjouissant », a déclaré Tomás Insua, responsable du Mouvement catholique mondial pour le climat, qui a largement encouragé le désinvestissement. Selon lui, ces institutions montrent la voie avant la réunion de la Banque mondiale à Washington le 13 octobre.

Les institutions abandonnant les combustibles fossiles sont la Banque allemande pour l’Église et Caritas, l’une des premières banques catholiques à désinvestir dans ce domaine ; Oikocredit, l’une des plus grandes institutions de microfinance du monde, la Conférence épiscopale de Belgique et l’Université Newman du Royaume-Uni.

Selon le président de Caritas Europe, Luc Van Looy, qui est l’évêque de Gand, « les gens de foi de toute l’Europe prennent l’action pour le climat de plus en plus au sérieux ». « C’est une décision que les responsables politiques européens ne pourront pas ignorer », a-t-il ajouté.

Alors que la quantité d’argent retirée des investissements dans les combustibles fossiles reste inconnue, les groupes religieux publiant très rarement des données chiffrées, la valeur totale des entreprises et institutions du monde entier s’étant engagées à désinvestir à ce jour est d’environ 5 000 milliards de dollars. Près d’un quart de ces institutions sont confessionnelles. À titre d’exemple, le solde budgétaire de la Banque de l’Église et de Caritas est de 4,5 milliards d’euros, ce qui montre les sommes astronomiques étant en jeu.

Christiana Figueres, ancienne responsable climat à l’ONU, espère « voir davantage de responsables comme ces 40 institutions catholiques s’engager dans ce sens, car bien que cette décision soit sensée du point de vue financier, agir ensemble pour un avenir meilleur est un impératif moral ».

L’annonce faite aujourd’hui est quatre fois plus importante qu’un désinvestissement similaire fait en mai, lorsque neuf autres groupes catholiques ont annoncé qu’ils cesseraient d’investir dans les combustibles fossiles.