Total à Polytechnique : son PDG Patrick Pouyanné visé par une plainte pour « prise illégale d’intérêts »

Pour Greenpeace, la présence de Total dans les écoles n’est pas anodine, et fait partie de sa « stratégie d’influence ». La multinationale souhaiterait se rapprocher des jeunes qui, de moins en moins séduits par les énergies fossiles et le pétrole, délaissent ce type d’entreprise. [Mimpki]

Greenpeace France, Anticor et l’association d’élèves de Polytechnique la Sphinx, ont déposé plainte contre Patrick Pouyanné, PDG de Total, et contre X, pour « des faits susceptibles de constituer le délit de prise illégale d’intérêts », suite au projet d’implantation d’un centre de recherche et d’innovation sur le campus de Polytechnique. 

En juin 2020, la prestigieuse école d’ingénieurs donne son feu vert à Total pour construire un bâtiment dédié à la recherche et au développement qui accueillera chercheurs et étudiants. Mais pour les plaignants, la présence de Patrick Pouyanné au conseil d’administration de l’Ecole polytechnique pose problème. 

« Patrick Pouyanné est intervenu en Conseil d’administration au nom de Total pour exprimer l’avis de l’entreprise sur le projet et ses préférences, très nettes, concernant l’emplacement, la rapidité de réalisation, et le refus d’abandon du projet malgré la contestation par des étudiants et des professeurs », déclare Greenpeace. 

Des faits susceptibles de constituer une infraction de prise illégale d’intérêts. En 2019, 61% des élèves du campus de Saclay s’étaient prononcés contre l’emplacement du bâtiment, jugé trop proche des lieux d’habitation et de vie.

Pour Greenpeace, la présence de Total dans les écoles n’est pas anodine, et fait partie de sa « stratégie d’influence ». La multinationale souhaiterait se rapprocher des jeunes qui, de moins en moins séduits par les énergies fossiles et le pétrole, délaissent ce type d’entreprise.

Plateforme "zéro pétrole", le projet de reconversion de Total contesté par les écologistes

Salariés grévistes et militants climat se sont mobilisés mardi (9 février) devant la raffinerie de Total Grandpuits pour manifester contre le plan de reconversion du site. Total veut transformer sa raffinerie en plateforme « zéro pétrole » d’ici 2024.

Total verdit son image à l’échelle européenne 

Ce n’est pas la première fois que Total tente de redorer son image. En mai 2020, l’entreprise annonce prendre de nouveaux engagements pour être plus respectueuse de l’environnement et devenir « une entreprise à zéro émission nette en Europe d’ici à 2050 » afin d’être « en phase avec l’objectif de neutralité carbone de l’UE ». 

Pour y arriver, le géant pétrolier se fixe plusieurs objectifs : développer la production d’énergies renouvelables, développer la production des gaz renouvelables et s’engager vers moins de pétrole. 

À l’époque, Greenpeace avait dénoncé un « écran de fumée », soulignant que Total allait « seulement respecter la réglementation européenne du Green Deal, dans lequel est inscrit l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050 », ajoutant que « 60 % des émissions de la compagnie pétrolière sont hors Europe ». 

Plus récemment, le 9 février 2021, Patrick Pouyanné annonce à ses collaborateurs vouloir changer le nom de son entreprise pour TotalEnergie. M. Pouyanné déclare que ce nouveau nom, « marque explicitement ce que nous voulons être : un leader au service d’un monde avec plus d’énergies et moins d’émissions, la compagnie des énergies responsables ». 

Total a indiqué à Reuters n’avoir pas connaissance du contenu de la plainte et n’être donc pas en mesure de réagir et de s’exprimer sur celle-ci.

La première plainte climatique en France vise Total

Le groupe pétrolier, responsable de 1 % des émissions de Co2 de la planète selon les plaignants, ne respecte par son devoir de vigilance, font valoir 14 collectivités locales qui s’associent à des ONG.

Subscribe to our newsletters

Subscribe
Contribuer