2 pays sur 196 ont relevé leur ambition climatique dans l’Accord de Paris

Les drapeaux des 196 signataires de l'accord de Paris, à Katowice en Pologne

Les signataires de l’accord de Paris sont censés revoir leur ambition climatique à la hausse d’ici dix-huit mois. Si les États peinent à s’engager, les entreprises tentent d’avancer.

Rehausser l’ambition avant 2020. C’était tout l’enjeu de l’accord de Paris, signé il y a trois ans à Paris. Et il y a urgence. La méthode onusienne exige en effet que les projets climat de chaque pays soient déposés 9 mois avant la COP 2020. Il reste donc un an et 3 mois aux parties pour revoir leurs engagements climat, ou National Determined Contribution (NDC) à la hausse.

Et pour l’instant, seules les îles Fidji et Marshall l’ont fait. Autant les engagements à horizon 2050 font foison, autant les projets plus concrets, ciblant 2030, sont moins courants.

Des initiatives voient néanmoins le jour de toute part pour tenter de relever l’ambition. Ainsi, l’UE à qui l’on reprochait sa passivité a pris part à une nouvelle coalition pour l’ambition, réclamant un résultat ambitieux pour les négociations et se disant « déterminée » à relever son ambition d’ici 2020. Environ 70 pays, dont 11 pays européens, le groupe des pays les moins développés, de nombreux états du Pacifique ou l’Argentine et le Mexique ont pris part à cet engagement.

Une ambition vertueuse, mais peu systématique

Un éclatement des positions qui reflète la situation actuelle : si certains pays européens souhaitent que l’ambition soit revue à la hausse, d’autres n’en ont cure. Et toute hausse officielle de la position actuelle exige une approbation unanime du projet en conseil des ministres de l’Environnement.

Si le commissaire européen Miguel Arias Canete a bien signé la coalition, le fait que de nombreux pays européens n’y soient pas associés, comme la Belgique ou la Pologne, la fragilise.

La France s’est engagée à relever son ambition pour 2030, et a pris part à la coalition pour plus d’ambition. « Mais il y a un fossé entre cette ambition affichée et le fait que la France ne soit plus représenté au niveau ministériel à la COP24 », souligne Lucile Dufour, du Réseau action climat. La présidence polonaise a en effet mis en place des pairs de ministres pour faire avancer certains sujets, notamment la Suède et le Costa Rica qui travaillent ensemble sur la question de la transparence.

Outre l’engagement des îles Marshall et Fidji, de nombreux autres pays travaillent au rehaussement de leur niveau d’ambition, comme le Viet Nam, le Qatar ou le Liban, mais aussi l’Ukraine qui s’interroge sur la comptabilité des émissions de carbone du Donbass annexé par la Russie, et songe à les évacuer de sa propre empreinte…

Quand la société civile affiche plus d’ambition

Devant la lenteur des négociations étatiques, la mobilisation de la société civile continue de progresser. Sous la bannière « We are Still In », de nombreux états, business et autres ONG américains sont, au contraire de Washington, bien présents. Cette coalition représente804 parties prenantes allant de l’artiste à la multinationale, et ont un stand important à la COP24.

Des entreprises françaises rassemblées dans l’initiative Net Zero tentent aussi de viser la neutralité carbone, en travaillant avec le cabinet Carbone 4 pour établir un référentiel méthodologique ambitieux. C’est le cas d’Engie, L’Oreal ou BPCE.  Il s’agit de comptabiliser les émissions directes liées aux activités, mais aussi les émissions évitées grâce à des produits neutres ou allégés en carbone, comme les voitures électriques, et les émissions négatives, qui sont les puits de carbone.

« La neutralité carbone, ce n’est pas une destination, c’est un chemin, un engagement total de l’entreprise dans une direction qui commence par la transparence» assure Renaud Bettin, responsable du pôle neutralité carbone de Carbone4, en assurant qu’acheter des quotas pour compenser ses émissions tout en émettant plus de CO2 n’est pas une trajectoire de neutralité carbone.

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