Uber peine à se décarboner

Dans une étude, les Européens se disent prêts à payer plus cher pour des VTC zéro émission. Depuis plusieurs semaines, les ONG somment Uber de se décarboner. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Ce n’est pourtant pas la bonne volonté qui manque. C’est ce que conclut une enquête YouGov publiée le 29 janvier 2020 par les ONG réunies au sein de la campagne #TrueCostOfUber. En Europe, 52% des clients de VTC, se disent prêts à débourser entre 15 et 20 cents (euro) par km en plus pour un trajet zéro émission. Un pourcentage qui atteint les 60% chez les 18-24 ans. Pour l’ONG Transport & Environment basée à Bruxelles, c’est un signe ! Les entreprises de VTC et de Taxis, Uber en tête, doivent aider leurs chauffeurs à se brancher.

Mauvaise pub

D’autant que, les sondés vivant dans les grandes métropoles ont une perception négative de l’impact de l’entreprise sur la pollution. Notamment à Londres et Paris, les deux plus grands marchés d’Uber en Europe. Près de la moitié des Londoniens interrogés (44%) et 34% des Parisiens déclarent que l’entreprise de VTC a un impact négatif sur la pollution globale. Et ce n’est pas T&E qui soutiendra le contraire. Selon ses données, les émissions des services Uber atteignent une demi-mégatonne de CO2 (515 kilotonnes de CO2) par an à Londres et à Paris. Ce qui équivaut à 250.000 voitures privées en plus sur les routes.

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Trop c’est trop, pour les ONG impliquées dans la campagne #TrueCostOfUber. Ces dernières semaines, elles ont lancé plusieurs pétitions en Allemagne, en Belgique et en France. «Tout cela s’inscrit dans notre campagne mondiale, qui demande à Uber de s’engager plus pour la mobilité électrique », nous explique Yoann Le Petit, expert nouvelles mobilités chez T&E. En Belgique, la plateforme SumOfUs, le collectif citoyen Les chercheurs d’air et T&E demandent à Uber d’être 100% électrique d’ici 2025. En France, l’association pour la qualité de l’air Respire, T&E et SumOfUs y vont aussi de leur pétition. Celle-ci a déjà reçu 17.000 signatures. Une pétition un peu particulière, qui cible plus particulièrement les candidats aux municipales de mars 2020, afin qu’ils se saisissent du sujet.

Se racheter une conduite

100% de véhicules propres à horizon 2025 ? On en est loin. En 2017, en France par exemple, 90% des véhicules de location privés enregistrés, y compris ceux d’Uber, carburaient au diesel. Malgré ces statistiques sans équivoques, le leader du secteur dit agir. C’est à Londres où le groupe américain se montre le plus efficace. Il a annoncé que ses 45.000 chauffeurs conduiront des véhicules 100% électriques d’ici à 2025. « Nous n’avons pas lancé de pétition là-bas, justement parce qu’Uber a pris cette décision. Pourquoi est-ce qu’il a pris cet engagement à Londres et pas ailleurs ? C’est parce que la zone de faible émission y est très ambitieuse (lien) notamment », assure Yoann Le Petit de T&E. « Ce qui montre bien que, lorsqu’il y a un cadre réglementaire propice, c’est possible », poursuit-il. A Londres, Uber a aussi augmenté le coût par km de 15 centimes sur ses courses. L’argent récolté finance un fond de soutien aux chauffeurs pour l’achat d’un véhicule propre.

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Oui mais sur le continent ? Contacté par Le Journal de l’environnement, Uber rappelle l’existence de son service UberGreen. « Une option disponible depuis l’application qui permet de réserver un véhicule hybride ou électrique, au même prix qu’un UberX. L’option est disponible à Paris depuis 3 ans et-demi et à Lille, Bordeaux, Nice, Lyon, Strasbourg également ». En Francece service compte 3.400 véhicules – soit, d’après les chiffres de l’Américain, plus de 10% du nombre total de véhicules disponibles dans tout le pays (30.000 chauffeurs utilisent l’application).

Concernant les aides à l’achat, Uber a passé la seconde. « Nous avons mis en place un bonus de 4.000€ pour aider les chauffeurs à passer à l’électrique. Nous les informons aussi sur le bonus écologique gouvernemental et de la région Ile-de-France de 6.000€. Nous nouons également des partenariats avec des partenaires véhicules. Par exemple, pour l’achat d’une Nissan Leaf ».

Mais la route est encore longue et Uber roule encore au pas. Le Journal de l’environnement avait déjà contacté l’entreprise en novembre dernier. Le service de VTC nous avait fourni sensiblement les mêmes informations.

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