Un rapport du GIEC fuite à un moment politique crucial pour le climat

Si les émissions continuent au rythme actuel, le réchauffement climatique dépassera les 1,5 °C d’ici à 2040, selon une première version fuitée du rapport du GIEC.

Les gouvernements peuvent encore respecter les objectifs de réduction des émissions fixés dans l’accord de Paris mais seulement via des transitions « rapides et de grande ampleur » dans l’économie mondiale », indique un projet de rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Le GIEC doit publier son rapport final en octobre en Corée du Sud après la révision et l’accord des gouvernements. Une version préliminaire de ce rapport a cependant été fuitée.

« Les premières versions du rapport sont fournies aux gouvernements et aux réviseurs en tant que documents de travail confidentiels et ne doivent donc pas être diffusées ou citées publiquement. Et ce, par respect pour les auteurs, afin de leur donner le temps de finir d’écrire avant de rendre leur travail public. Pour ces raisons, le GIEC ne commente pas le contenu des rapports préliminaires tant que le travail est encore en cours », indique le GIEC dans un communiqué officiel suivant la fuite.

Le GIEC est l’organe international de référence pour l’évaluation du changement climatique.  Il a été créé par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) en 1988 pour fournir une approche scientifique claire sur l’état actuel des connaissances sur le changement climatique et ses impacts environnementaux et socioéconomiques potentiels.

Il joue un rôle essentiel dans les négociations climatiques internationales, où les diplomates doivent jongler avec des sujets extrêmement variés, des données scientifiques rares et des batailles diplomatiques souvent basées sur des principes.

Au niveau local, la crédibilité des conclusions du GIEC joue aussi un rôle dans la mise en place de politiques publiques et de projets compatibles avec le climat, qui entrent souvent en conflit avec le développement industriel par exemple.

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C’est pourquoi Bert Metz, membre de la European Climate Foundation et ancien co-président du groupe de travail III du GIEC sur l’atténuation du changement climatique, souligne l’importance de limiter de manière urgente les hausses de température à 1,5 °C afin de réduire les risques liés au climat.

« Selon un certain nombre d’études scientifiques publiées récemment, de nombreuses preuves montrent désormais que les risques de changement climatique sont bien moindres lorsque la hausse de température est limitée à 1,5 °C, par rapport à une hausse de 2 °C. Cela vaut pour les dégâts économiques globaux, la perte de biodiversité, l’impact sur la santé de la pollution de l’air générée par les combustibles fossiles, la montée du niveau de la mer, et bien d’autres aspects de société et de nature », a-t-il déclaré.

Il a également souligné l’insuffisance de la contribution nationale des gouvernements à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

« Comme cela a déjà été clairement démontré dans le rapport de l’année dernière sur les écarts d’émissions de l’ONU Environnement, les engagements actuels pris par les pays à Paris – les NDC – sont totalement insuffisants pour atteindre les objectifs de Paris de maintenir la hausse de la température à bien en dessous de 2 °C, et encore moins de 1,5 °C. Elles entraîneraient probablement une augmentation de plus de 3 °C. Pire encore, les politiques actuellement mises en œuvre ne respectent même pas ces engagements. »

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Calendrier politique serré 

La fuite a été publiée avant deux événements ministériels sur le changement climatique cette semaine, destinés à préparer le terrain pour une COP24 réussie qui aura lieu en décembre à Katowice sous la présidence polonaise.

Les 18 et 19 juin, le ministère fédéral allemand de l’Environnement et le gouvernement polonais accueilleront le 9e Dialogue de Petersberg sur le climat à Berlin. Cette réunion informelle des ministres et représentants de 35 pays se concentre sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat et la préparation de la COP 24, et sera présidée par la ministre fédérale de l’Environnement Svenja Schulze et le président désigné de la COP 24, Michał Kurtyka, secrétaire d’État au ministère polonais de l’Énergie. Mardi 19 juin, la chancelière Angela Merkel prononcera un discours sur la politique climatique.

Les 20 et 21 juin, la réunion ministérielle sur l’action climatique (MoCA), organisée conjointement par l’UE, la Chine et le Canada se tiendra à Bruxelles.

Entre ces deux réunions, le climat devrait également être à l’ordre du jour du sommet bilatéral de la chancelière Angela Merkel et du président français Emmanuel Macron le 19 juin, réunion à laquelle le président de la Commission Jean-Claude Juncker devrait également assister.

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