Comment s’annonce 2021 sur le plan climatique ?

Entre les feux de forêt désastreux, les canicules suffocantes et les inondations dévastatrices, force est de constater que 2020 a été une année catastrophique pour le climat. Comment s'annonce 2021 sur le plan climatique ? Un article d'Euractiv Allemagne.  [Shutterstock / 24Novembers]

Entre les feux de forêt désastreux, les canicules suffocantes et les inondations dévastatrices, force est de constater que 2020 a été une année catastrophique pour le climat. Néanmoins, l’environnement a connu un peu de répit en raison de la pandémie de Covid-19, le monde entier ayant été poussé à tourner au ralenti. 2021 nous offre certes de nouvelles chances d’agir pour le climat, mais des lacunes persistent. Un article d’Euractiv Allemagne.

Deux types de facteurs seront primordiaux pour le climat en 2021 : les facteurs influençables et les facteurs non influençables. Parmi ces derniers figurent notamment les catastrophes climatiques comme les feux de forêt et les inondations. Toutefois, ceux-ci sont également en partie les conséquences du changement climatique anthropique. Il est donc possible de les influencer d’une certaine manière, bien qu’il soit irréalisable de les stopper net en l’espace d’un an. Sur le plan climatique, l’année 2021 dépend aussi de la fréquence et de l’ampleur des catastrophes climatiques.

En outre, il est difficile de prévoir sous quel signe sera placée la nouvelle année. De fait, les prévisions de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) indiquent que 2021 pourrait être plus froide que 2020. D’après l’OMM, cette baisse s’expliquerait par le phénomène climatique « La Niña », caractérisé par une température anormalement basse des eaux équatoriales de surface de l’océan Pacifique. Cette anomalie pourrait aussi provoquer de violentes tempêtes en Amérique du Nord et centrale. Toutefois, étant donné qu’il est impossible de bloquer ces extrêmes météorologiques à court terme, ils comptent parmi les facteurs non influençables.

À contrario, nous pouvons agir sur les conséquences du changement climatique et sur les mesures qui seront prises cette année pour minimiser ses effets à l’avenir. Il en va ici surtout du bon vouloir des décideurs politiques actuels et futurs.

L’éolien en mer : un dossier français tempétueux

Alors que la Commission européenne s’apprête à publier sa stratégie sur les énergies renouvelables en mer, dans l’Hexagone les projets de parcs éoliens offshore continuent de cristalliser les tensions.

Un nouvel agenda climatique en 2021

En France, le début de l’année sera marqué par la présentation en Conseil des ministres de la très controversée loi climat, issue des travaux de la Convention citoyenne pour le climat (CCC). Ces derniers mois, les tensions sont montées d’un cran entre Emmanuel Macron et les citoyens, qui l’accusent de « détricoter leurs mesures ». Lors d’un échange avec les membres de la CCC, le président a finalement donné son feu vert à la tenue d’un référendum sur l’inscription de la défense du climat et la préservation de l’environnement dans l’article 1 de la Constitution. Ce projet de réforme constitutionnelle devrait être examiné, aux côtés du projet de loi climat, au Parlement dès ce printemps, pour un vote avant l’été.

Outre-Rhin aussi, les questions environnementales et climatiques seront au menu des débats politiques. En 2021, les Allemands éliront un nouveau Bundestag, et indirectement un nouveau gouvernement et un nouveau chancelier. La crise climatique sera de toute évidence un sujet clé de la campagne électorale, et ce auprès de la quasi-totalité des partis en lice. Il sera particulièrement intéressant d’analyser les différents thèmes que les candidats et leur parti prioriseront. La couleur de la nouvelle coalition gouvernementale tracera finalement la voie de l’Allemagne en matière de climat pour les quatre années à venir. De plus, celui qui remportera les élections législatives de 2021 se rendra, en tant que chef du gouvernement, à Glasgow en novembre dans le cadre de la conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP26). La COP26 était initialement prévue en 2020, mais a dû être reportée en raison du nouveau coronavirus.

Quid de la COP26 ?

La COP26 sera l’indicateur qui permettra de voir dans quel mesure les États prennent au sérieux la lutte contre le réchauffement climatique. L’accord de Paris et l’objectif visant à limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré Celsius servent de bases pour évaluer l’efficacité des actions lancées. Chaque État membre de l’accord devra informer les autorités compétentes des progrès effectués.

Vers une trajectoire 1,5 °C ?

COP26: « Sprint vers Glasgow. EURACTIV Allemagne et EURACTIV France ont fait le point sur la situation.

Le chemin demeure toutefois semé d’embûches en raison des divergences d’opinions émanant des conférences climatiques précédentes. Il est donc probable que les pays peinent une nouvelle fois à accorder leurs violons lors de la réunion à Glasgow, notamment en ce qui concerne la compensation carbone ou les fonds à allouer aux pays du Sud. Le prochain accord permettra certainement d’avoir une idée plus précise de l’évolution de la protection et la politique climatiques dans les prochaines années.

L’Europe rehausse ses objectifs climatiques

Ces dernières années, les annonces de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale se sont multipliées. Après d’âpres négociations, les pays européens ont finalement décidé en décembre dernier de renforcer leurs engagements, en réduisant « d’au moins 55% » leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030.

Alors que le Pacte vert pour l’Europe contraint désormais les États membres de l’UE à revoir à la hausse leurs objectifs climatique, la France et l’Allemagne se sont engagées à atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. Tandis que Paris mise sur le nucléaire pour assurer « l’avenir énergétique et écologique » de la France – comme l’a souligné le président en visite sur le site du groupe Framatome début décembre -, Berlin procède à la fermeture progressive de ses centrales à charbon. Une sortie du charbon est prévue pour 2038, à laquelle vient s’ajouter le développement des énergies vertes, notamment via l’éolien marin, le photovoltaïque et l’hydraulique. Une nouvelle loi allemande sur les énergies renouvelables (EGG) est d’ailleurs entrée en vigueur le 1er janvier. Ces objectifs sont-ils suffisants ? Peuvent-ils être atteints ? Affaire à suivre.

Ère post-Trump

De l’autre côté de l’océan Atlantique, la politique climatique américaine devrait également connaître un vent de changement avec l’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche. Ce dernier souhaite à nouveau prendre part à l’accord de Paris, dont Donald Trump avait entériné la sortie en novembre 2020. La première année du mandat de Joe Biden sera décisive pour l’environnement ; derrière la Chine, les États-Unis d’Amérique sont les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre au monde et endossent donc une très grande responsabilité dans la lutte contre le dérèglement climatique.

Les décisions prises par l’ancien président américain mettront toutefois des bâtons dans les roues démocrates. Joe Biden doit désormais corriger le tir, mais cela ne sera pas chose facile, car la majorité du Sénat se situe dans le camp républicain.

En 2021, l’humanité pourrait tracer la voie à suivre en matière climatique pour les dix prochaines années. Tout dépend des facteurs sur lesquels nous pouvons agir ou pas.

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Contestations persistantes des résultats de l’élection présidentielle, veto répétés contre des lois cruciales, reprise des exécutions fédérales, bruits de bottes en Iran… Les derniers jours du président américain à la Maison Blanche sont à hauts risques. À ce rythme, le 20 janvier, date de la prestation de serment de Joe Biden, semble dangereusement loin. Un article de notre partenaire Ouest-France.

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