Les fromagers européens grognent contre les quotas du CETA

Le fromage fait partie des produits sous embargo, comme la viande de porc. [JohnPickenPhoto/Flickr]

Le gouvernement canadien vient de finaliser un nouveau quota d’importation, autorisant l’entrée au Canada de 18 500 tonnes de fromage européen supplémentaire. Les producteurs de l’UE ne sont cependant pas satisfaits. Un article de CLASSeuractiv.

Avec l’accord de libre-échange entre l’UE et le Canada, qui entrera en vigueur le 21 septembre, de nombreux produits européens auront accès au Canada sans barrières tarifaires. Mais pas sans limite de volumes, en tout cas pour certains. Pour les fromages, le Canada impose un quota d’importation pour protéger sa propre production. Le nombre de tonnes que le Canada pourra importer a été revu à la hausse, de 18 500 tonnes de fromage, selon une note du gouvernement fédéral.

Ce quota d’importation sera mis en place sur une période de cinq ans, de l’automne 2017 à 2022. Les importateurs pourront enregistrer leurs demandes pour 2017 jusqu’au 8 septembre et les importations commenceront le 8 octobre.

Ottawa a décidé que la moitié du supplément serait importée par des producteurs fromagers et l’autre par des distributeurs et vendeurs. Une décision qui a déçu les producteurs laitiers canadiens et inquiété leurs collègues européens.

Le CETA retardé par des tonnes de fromage

Les Canadiens s’inquiètent du déferlement de tonnes de fromages européen sur leur marché. Un nouvel accroc pour l’application de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Canada.

Les producteurs canadiens espéraient en effet obtenir seulement 60 % des 18 500 tonnes supplémentaires, mais sont consolés par un plan d’investissement sur cinq ans qui prévoit environ 234 millions d’euros pour la modernisation du secteur.

Les producteurs européens ne sont pas aussi tranquilles. « C’est comme si le quota de viande de bœuf et de porc importé dans l’UE via le CETA était géré par les producteurs de viande irlandais », s’est plaint Alexander Anton, secrétaire général de l’Association laitière européenne (EDA).

« Malgré le quota supplémentaire, nous nous inquiétons du fait que les producteurs canadiens n’ont aucun intérêt à autoriser davantage de fromages européens sur leur marché, nous doutons donc que les consommateurs aient donc réellement accès à nos produits », explique-t-il. « Je voudrais bien voir l’UE permettre à ses producteurs de bœuf de gérer les importations canadiennes. »

Les Grecs craignent que le CETA ne fasse couler leur «or blanc»

Les agriculteurs grecs s’inquiètent du sort de la feta après que la Commission n’est pas parvenue à protéger le fromage iconique dans l’accord du CETA, avec le Canada. Un article d’Euractiv Grèce.

Dans les semaines à venir, l’UE pourrait toutefois décider de répliquer en limitant l’accès à son marché pour la viande d’outre-Atlantique. Pour l’instant, la Commission maintient toutefois sa rhétorique diplomatique.

« L’UE a reçu du Canada l’assurance que le quota supplémentaire de fromage sera pleinement mis en application et que les exportateurs européens seront en mesure d’établir leurs propres réseaux de distribution dans le pays », a indiqué un porte-parole de l’exécutif. « Nous surveillerons tout problème potentiel qui pourrait découler de l’approche canadienne. »

 

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.