Accord sino-européen sur les investissements : la Chine se tourne vers Paris

La Commission européenne, qui est chargée de la politique commerciale des 27 États membres de l’UE, a conclu fin 2020 un accord surprise avec Pékin sur les investissements, après des années de blocage. [EPA-EFE/JASON LEE]

La Chine a demandé à la France d’œuvrer pour la ratification de l’accord sino-européen sur les investissements, ce que Paris refuse tant que les sanctions chinoises contre des parlementaires européens ne sont pas levées, ont fait savoir les deux gouvernements jeudi (27 mai).

« L’accord sino-européen sur les investissements est un accord équilibré, de haut niveau et gagnant-gagnant, nous espérons que la France va le promouvoir activement et œuvrer à sa signature et à son entrée en vigueur le plus tôt possible », selon un communiqué du ministère chinois du Commerce relatant une visioconférence mardi (25 mai) entre le ministre français du Commerce extérieur Franck Riester et le ministre chinois du Commerce Wang Wentao.

Le ministre français a confirmé cet entretien à l’AFP en ajoutant avoir « rappelé la position de la France et de l’Union européenne sur ce dossier ».

« Les sanctions chinoises à l’encontre de parlementaires européens sont inadmissibles et ne permettent pas d’avancer dans le processus de ratification de l’accord, comme l’a récemment reconnu la Commission européenne. Je l’ai clairement dit à mon homologue chinois », a poursuivi M. Riester dans une déclaration écrite transmise à l’AFP.

Il a « également rappelé les préoccupations de la France et de l’Union européenne concernant la situation des droits de l’Homme dans la région du Xinjiang », où plus d’un million de musulmans ont été enfermés dans des centres de rééducation politique, selon des organisations de défense des droits de l’Homme.

La Commission européenne, qui est chargée de la politique commerciale des 27 États membres de l’UE, a conclu fin 2020 un accord surprise avec Pékin sur les investissements, après des années de blocage.

Mais l’UE a imposé en mars des sanctions à la Chine à propos de la situation au Xinjiang.

Pékin a répliqué en prenant des sanctions contre divers parlementaires européens, des universitaires et le centre de réflexion allemand Merics.

Dans ce contexte, le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, avait déclaré début mai à l’AFP que « efforts » de ses services pour faire ratifier l’accord sur les investissements avaient été « suspendus ».

Vendredi (21 mai), Pékin a appelé l’UE à abandonner son attitude de « confrontation », après un vote du Parlement européen pour geler le processus de ratification de l’accord.

Les autres dossier abordés au cours de l’entretien entre les ministres chinois et français « concernaient notamment les nombreux obstacles auxquels font face nos entreprises pour accéder au marché chinois », a encore indiqué M. Riester.

La Croatie continue de renforcer ses liens avec la Chine

Le Premier ministre croate Andrej Plenković a reçu jeudi Yang Jiechi, membre du Parti communiste chinois, au cours duquel M. Plenković a remercié les autorités chinoises d’avoir coopéré à la livraison régulière d’équipements médicaux.

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