L’Europe centrale et orientale toujours plus proche de la Chine

Boyko Borissov, Viktor Orbán et Li Keqiang à Budapest. [Facebook page of Boyko Borissov]

16 pays d’Europe centrale et orientale, se sont rassemblé en Hongrie autour de Viktor Orbán pour un forum commercial avec la Chine. L’Empire du milieu étend doucement son emprise, y compris sur les pays des Balkans qui ne font pas partie de l’UE.

Un sommet organisé à Budapest le 27 novembre a rassemblé la Chine, 11 États membres (Bulgarie, Croatie, Estonie, Hongrie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie) et cinq États candidats à l’entrée dans l’UE (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Macédoine, Monténégro et Serbie). Un format inauguré pour la première fois en 2011, également à Budapest, lors du premier Forum commercial et économique entre la Chine et les pays d’Europe centrale et orientale.

En 2016, COSCO, une entreprise d’État chinoise de transport maritime, est devenue l’actionnaire principal du port du Pirée, à Athènes.  Le gouvernement chinois considère donc aujourd’hui Le Pirée comme le principal point d’entrée des exportations chinoises vers le sud, l’est et le centre de l’UE, et comme une plateforme importante du transport maritime en Méditerranée.

La Chine étend son emprise sur les Balkans

Les Balkans occidentaux sont devenus le point d’accès préféré de la Chine à l’UE. Pékin y finance notamment des infrastructures portuaires qui inquiètent Bruxelles.

Pékin œuvre également à l’ouverture d’un autre axe commercial vers l’Europe en réhabilitant le chemin de fer reliant Belgrade à Budapest. La transformation des voies en une ligne de train à grande vitesse devrait couter 3,2 milliards d’euros.

La Chine, la Serbie et la Hongrie ont signé un mémorandum d’accord pour la reconstruction des 370 km de voies en décembre 2014. Les trois pays se sont cependant affranchis des règles européennes régissant les marchés publics, ce qui a créé des tensions avec l’UE.

Si la Grèce et la Serbie sont au centre des préoccupations chinoises, Pékin s’est également lié avec d’autres pays des Balkans occidentaux, qui profitent de prêts à faibles intérêts pour des projets d’infrastructure.

Un intérêt qui fait sourciller, même si la Commission minimise pour sa part l’importance géopolitique de ces projets. Des diplomates ont ainsi admis que l’engagement chinois dans les Balkans « suscitait des réflexions en Europe du Nord, et particulièrement à Bruxelles ». Les grands ports du nord du continent, comme Hambourg ou Rotterdam, pourraient en effet perdre un volume important de marchandises à cause des projets chinois dans le sud.

Jusqu’ici, le couloir que tente d’ouvrir la Chine contourne la Bulgarie. Cela n’a pourtant pas empêché Boyko Borissov de se joindre au mouvement. Il a ainsi annoncé que le prochain sommet entre la Chine et les pays d’Europe centrale et orientale aurait lieu à Sofia. Comme ces rencontres ont en général lieu à la fin de l’année, celle de l’an prochain pourrait coïncider avec la présidence bulgare de l’UE.

« Nous avons la chance rare d’associer deux pouvoirs économiques immenses, l’UE et la Chine, grâce à ces initiatives. Cela nous permettra d’avancer sur de nombreux projets. Plus nous réalisons de projets, plus la région sera prospère et compétitive », a-t-il déclaré.

La Chine prête à s'engager pour la Grèce et le plan Juncker

La crise grecque inquiète Pékin et menace la stabilité financière de la planète, a déclaré le Premier ministre chinois, Li Keqiang, le 29 juin.

Le Premier ministre chinois, Li Keqiang, appelle quant à lui à l’intégration de l’initiative chinoise de « la ceinture économique de la route de la soie » aux politiques européennes dans la région. Il a également souhaité que davantage d’efforts soient faits pour l’accélération de la construction de la voie à grande vitesse entre la Serbie et la Hongrie et annoncé davantage d’investissements chinois.

Son hôte, Viktor Orbán, a pour sa part salué l’engagement de Pékin et assuré que les pays de la région profiteraient de cette occasion de développement, dans le respect mutuel et l’égalité.

Le Premier ministre hongrois a assuré que ces pays participeraient activement à la stratégie de la route de la soie et créeraient un meilleur environnement d’investissement et de développement pour les entreprises chinoises.

Peter Szijjarto, ministre hongrois des Affaires étrangères, a annoncé que le pays comptait investir 1,77 milliard d’euros dans la modernisation des 152 km hongrois du chemin de fer reliant Budapest à Belgrade. Il semblerait que 86 % de cette somme soit couverte par un prêt obtenu par le ministère de l’Économie auprès de la Banque chinoise d’import-export. Ce prêt courra sur 20 ans, avec un taux d’intérêt de 2,5 %.

L'accord d'investissement UE-Chine devrait être conclu rapidement

Le sommet UE-Chine doit permettre de faire avancer la coopération entre les deux blocs, selon l’ambassadrice chinoise auprès de l’UE. Une interview EURACTIV.

Cet article a initialement été publié sur BulgarianPresidency.eu

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