Baisse des investissements étrangers en Europe en 2009

Les projets d’investissements étrangers en Europe ont chuté de 11 % l’an dernier mais les grands marchés européens de l’ouest sont encore considérés comme des endroits sûrs dans les temps difficiles, selon une nouvelle étude.

Les analystes qualifient cette chute de modeste, compte tenu de la crise économique qui frappe l’Europe depuis deux ans.

L’enquête pour les investisseurs d’Ernst & Young sur l’attractivité de l’Europe, présentée lors du World Investment Forum (forum mondial sur l’investissement), du 2 au 4 juin à La Baule, a abouti à des résultats mitigés, certaines industries se montrant plus confiantes que d’autres.

Les projets des secteurs aux investissements lourds comme l’automobile, les mines et le transport – qui traditionnellement migrent vers l’Europe centrale et de l’est – ont considérablement chuté, de même que les services aux entreprises et les projets de logiciels.

D’autres domaines se sont trouvés à l’abri de la récession, comme l’alimentation, les produits pharmaceutiques et l’électroménager, qui ont montré une croissance.

Les grandes économies européennes s’en sortent plutôt bien en termes de capacité à attirer des investissements sur leurs territoires, d’après le rapport. Le nombre de projets au Royaume-Uni a diminué de seulement 1 %, alors qu’ils ont augmenté de 1, 4 et 7 % respectivement en France, Italie et Allemagne.

Les autres « gagnants » en termes d’investissement sont la Russie, l’Ukraine et la Turquie.

Le déclin de 4 % du PIB européen implique forcément des perdants en 2009. Les économies espagnole et irlandaise, qui ont été historiquement particulièrement attractives aux yeux des investisseurs étrangers, ont été touchées l’an dernier. Les deux pays avaient bénéficié de la hausse de l’immobilier qui est désormais arrivé à son terme, de manière plutôt brutale. 

L’impact le plus dramatique, toutefois, s’est fait ressentir en Pologne, Hongrie, Roumanie et République tchèque, où le nombre des projets a chuté collectivement de 40 %, alors que les investisseurs cherchaient la stabilité des économies occidentales.

Qui investit ?

Les États-Unis continuent de compter pour environ un quart de tous les projets d’investissement en Europe, mais ont moins investi l’an dernier. L’Allemagne, le Royaume-Uni, la France et le Japon ont lancé moins de nouveaux projets mais comptent tout de même pour 25 % des investissements.

La Chine a plus investi en Europe en 2009 qu’en 2008, le nombre de projets ayant augmenté de presque 30 %. Les projets chinois étaient également responsables du 3ème plus grand nombre d’emplois créés à travers l’Europe l’an dernier.

Concernant l’avenir, 800 cadres interrogés dans le cadre de l’étude ont fait part d’opinions moyennement optimistes. Un peu plus de la moitié a dit qu’elle ne s’embarquerait probablement pas dans des projets de forts investissements cette année, mais perçoit toujours l’Europe occidentale comme une région attirante.

Cependant, il existe des craintes à propos de l’Europe centrale et de l’est, la confiance des cadres ayant nettement chuté comparé à l’an dernier. A long terme, toutefois, les investisseurs continuent à considérer l’Europe centrale et de l’est comme une priorité, classant cette région à la troisième place des lieux attirants pour les futurs investissements, juste derrière la Chine et l’Inde.

POSITIONS

Le commissaire européen au marché intérieur Michel Barnier a affirmé que l’Europe devait travailler dans le but de conserver sa place de leader dans l’économie mondiale.

« Je  ne veux pas que l’Europe soit un sous-traitant des autres grandes puissances. L’Europe doit être à la table des grands, et diriger, non pas être à la traîne – elle doit dessiner l’économie mondiale, et non pas l’inverse », a dit M. Barnier.

Il a dit qu’il était essentiel de faciliter les échanges en Europe et de mettre en place de nouveaux règlements adéquats. M. Barnier a également insisté sur le besoin d’achever le marché unique européen, qui selon lui pourrait ajouter jusqu’à 1,5 % au taux de croissance économique actuel.

« Dans un monde où la concurrence devient plus mondiale et intense chaque jour, la tâche est impérative, et le besoin urgent. Mais cela a un prix : une meilleure prospérité, et une Europe à la fois plus compétitive, et plus attirante pour les investisseurs », a dit M. Barnier.

Marc Lhermitte, consultant partenaire d’Ernst&Young et auteur du rapport, a dit que la sécurité avait été un facteur-clé pour les investisseurs, ce qui pèse pour l’attractivité des économies européennes.

« Les investisseurs, qu’ils soient Européens ou qu’ils viennent de l’extérieur, des États-Unis ou d’Orient, se sont concentrés sur les marchés qui ont fait leurs preuves à grande échelle. L’Europe centrale et de l’est de manière générale, et beaucoup de petits pays d’Europe occidentale, ont connu des chutes dramatiques du nombre de projets car les investisseurs sont partis vers des économies plus fortes et plus sûres, comme le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne », a-t-il expliqué.

M. Lhermitte a dit que le quatrième trimestre 2009 avait connu une accélération considérable de nouveaux appels à projets, et, en dépit des actuels problèmes dans la zone euro, 2010 devrait voir une montée modeste du nombre de projets.

Jay Nibbe, vice-associé gérant pour Ernst&Young, a dit que la croissance du PIB à travers l’Europe aura du mal à atteindre 1 % en 2010, et que même à moyen terme, la croissance serait une pâle copie de celle des États-Unis et des marchés en développement à travers le monde.

« Sans action réelle et concrète, l’Europe sera confrontée à des défis encore plus difficiles pour assurer une croissance économique durable et substantielle », a affirmé M. Nibbe.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.