Berlin bloque la réduction des émissions de CO2 des véhicules

Au départ seule contre tous, l’Allemagne a obtenu le report du vote du texte sur les émissions de CO2 des véhicules européens. La France s’est alignée sur la position allemande au dernier moment.

Quand il s’agit de défendre les intérêts de BMW ou de Mercedes, l’Allemagne ne lésine pas sur les moyens et jeudi 27 juin, elle a obtenu gain de cause alors que deux jours auparavant sa position était isolée.

Les membres du Comité des représentants permanents (COREPER) n’ont pas tenu de vote sur le compromis conclu en début de semaine entre les Etats et le Parlement sur la réduction des émissions de CO2 des véhicules européens.

A la recherche de la minorité de blocage

Il prévoit de les faire passer de 135 grammes par kilomètre à 95, d’ici 2020, au grand dam des constructeurs d’outre-Rhin.

Lors de la réunion, seuls le Danemark, l’Italie et le Luxembourg ont expressément demandé qu’un vote ait lieu. Favorable à la nouvelle règlementation, la France a retourné sa veste au dernier moment pour se montrer conciliante avec l’Allemagne.

Officiellement, Berlin dément vouloir torpiller la nouvelle réglementation et assure avoir besoin de temps pour l’analyser et convaincre ses entreprises. En coulisses, le gouvernement allemand cherche à former une minorité de blocage au sein du COREPER. 

Des diplomates européens évoquent des “chantage à l’usine” envers les pays les plus faibles.

Berlin prêt à tout pour défendre son industrie automobile

Pressions directes

Pologne et Royaume-Uni seraient aussi prêts à rejoindre la fronde avec l’Allemagne selon EURACTIV Bruxelles. La Croatie, qui sera membre à part entière de l’UE à partir du 1er juillet, aurait déjà été convaincue de voter contre la nouvelle règlementation.

Berlin a aussi invoqué des problèmes de procédure pour justifier le report : certains documents de travail n’auraient pas été transmis dans les délais.

La nouvelle date du vote n’est pas encore connue. La Commission européenne se dit “déçue” par la tournure des évènements. Elle souhaite que le dossier soit clos le plus rapidement possible sous présidence lituanienne qui devrait subir d’intenses pressions sur le sujet.

Mercredi 26 juin, la chancelière allemande a été jusqu’à appeler personnellement le Premier ministre irlandais pour lui demander d’accéder à sa requête.

 

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