Bruxelles espère un conclusion rapide des accords avec le Mercosur et le Mexique

La chancelière allemande Angela Merkel et le président d'Argentine, Mauricio Macri. L'Argentine se dit le moteur de l'accord entre le Mercosur et l'UE. [@EPA/Marcos Brindicci]

La Commission européenne pense que les accords avec le Mercosur et le Mexique pourront être conclus dès cette année, puisque des progrès ont été réalisés dans tous les domaines. Un article d’Euroefe.

La Commission a présenté les rapports sur les derniers cycles de négociations pour conclure un accord commercial tant avec le Mercosur (du 3 au 7 juillet à Bruxelles) qu’avec le Mexique (du 26 au 30 juin à Mexico). L’exécutif les considère tous deux prioritaires.

Des sources de l’UE ont assuré qu’il n’y avait pas « un domaine dans lequel aucun progrès n’avait été réalisé. Les choses ont beaucoup évolué par rapport aux négociations précédentes », avec le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay), qui ont mené le processus à l’impasse et à sa reprise en 2010.

L'UE et le Mercosur veulent signer un accord commercial d'ici la fin de l'année

La ministre argentine des Affaires étrangères, Susana Malcorra, rencontre la commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, pour discuter de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur.

Selon elles, les négociations ont un rythme soutenu et les deux parties font preuve de volonté politique pour conclure l’accord. La mentalité « a changé » dans cette région « qui a compris qu’elle ne pouvait pas rester isolée ».

Interrogées sur les réticences de certains pays européens qui s’inquiètent pour l’avenir de leur secteur agricole après un accord avec le Mercosur, les sources européennes ont insisté sur le fait que « personne ne sera laissé de côté ».

En ce qui concerne les barrières commerciales qui se profilent au Brésil, l’UE confie que « si nous ne parvenons pas à trouver un terrain d’entente, nous nous tournerons vers l’Organisation mondiale du commerce ».

Argentine, pays moteur

La vice-présidente argentine, Gabriela Michetti, a affirmé le 18 juillet que son pays était celui qui insistait le plus pour conclure à un accord, et que ce dernier dépendait de l’UE.

« Il semble que nous ayons désormais une fenêtre d’opportunité, nous voyons une lumière au bout du tunnel. Lors du sommet de Mendoza, nous verrons sur quoi cela débouche, mais l’Argentine est un pays moteur pour l’accord. Ce n’est pas l’Argentine qui est bloquée, nous dépendons plus aujourd’hui des pays européens que de nous-mêmes », a-t-elle déclaré dans une interview avec EFE.

Le Mercosur prêt à négocier un accord commercial avec l'UE

Les ministres des Affaires étrangères du Mercosur ont adopté une position commune pour entamer des négociations sur un accord commercial avec l’UE. Les représentants européens se rendront en Argentine la semaine prochaine pour entamer le dialogue avec leurs homologues sud-américains. Un article d’Euractiv Espagne.

Gabriela Michetti a précisé que le principal obstacle à cet accord était les pays européens qui reçoivent des subventions agricoles de l’UE. Elle a toutefois reconnu que du côté du Mercosur, « le Brésil était un peu plus réticent à aller si vite », car le pays est concentré sur sa crise interne. Il affronte donc les négociations « avec quelques précautions » tout en étant à faveur de l’accord.

Selon elle, Buenos Aires pense réellement que le Mercosur « doit être la fenêtre vers le monde » pour l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay. Le président Mauricio Macri a donné l’ordre de « renforcer, intensifier et supprimer les écueils de la plateforme du Mercosur ».

Le prochain cycle de négociations avec le Mercosur aura lieu du 2 au 6 octobre à Brasilia, et une session intermédiaire se tiendra à Bruxelles du 4 au 8 septembre.

Accord avec le Mexique

En ce qui concerne le processus de modernisation de l’accord avec le Mexique, en vigueur depuis l’an 2000, la Commission a souligné que des progrès significatifs avaient été réalisés lors du dernier cycle de négociations, même si « le travail doit être poursuivi ».

Dans le nouvel accord, « nous voulons libéraliser une grande partie du marché qui n’est pas encore ouvert », même s’il « est clair que nous n’atteindrons pas les 100 % et que certains produits subiront un traitement spécial », ont indiqué les sources.

Ce sera par exemple le cas des importations mexicaines de bananes. L’accord concernant ce fruit devra ressembler aux accords déjà conclus avec d’autres pays latino-américains (réduction progressive des droits de douane jusqu’à 115 euros la tonne).

L'ère Trump accélère les négociations commerciales entre l'UE et le Mexique

L’Union européenne a conclu le 7 avril son dernier cycle de négociations avec le Mexique, en mettant l’accent sur le développement durable, la transparence, les services et l’investissement. Un article d’Euractiv Espagne.

Une autre question sur laquelle plancheront les négociateurs de chaque partie sera la proposition européenne de lutte contre la corruption, une thématique que l’UE veut inclure dans le nouvel accord.

L’UE veut surtout mettre l’accent sur des « mesures de prévention » contre la corruption dans les secteurs privés et publics.

Le prochain cycle des négociations avec le Mexique aura lieu à Bruxelles du 25 au 29 septembre.