Bruxelles et Tokyo s’unissent face au protectionnisme de Trump

Jean-Claude Juncker, Donald Tusk et Shinzo Abe. [European External Action Service/Flickr]

L’UE et le Japon annonceront lors d’un sommet à Bruxelles s’être entendus sur les grandes lignes d’un accord commercial dont les négociations ont été dynamisées ces derniers mois par la politique protectionniste de Donald Trump.

La route vers un traité commercial définitif est encore longue, sans doute plusieurs mois, mais en parvenant à un « accord politique », Européens et Japonais scellent leur entente sur la plupart des sujets importants.

Cet « accord de partenariat économique » sera formellement présenté le 6 juillet par le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, celui du Conseil, Donald Tusk, et le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, réunis en sommet à Bruxelles.

Tous trois se sont cependant fait griller la politesse par la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malström, qui a révélé dans un tweet l’existence d’un « accord politique au niveau ministériel » le 5 juillet dans l’après-midi, à l’issue d’une rencontre avec le ministre japonais des Affaires étrangères, Fumio Kishida.

De fait, Européens et Japonais ont mis les bouchées doubles ces dernières semaines pour parvenir à un accord avant le G20 de vendredi et samedi à Hambourg, en Allemagne.

Leur objectif : envoyer « un signal fort » en faveur du libre-échange au reste du monde, notamment au président américain Donald Trump, dont la politique protectionniste inquiète ses partenaires.

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Fromages contre voitures

Dès son arrivée au pouvoir en janvier, Donald Trump a retiré son pays du Traité transPacifique (TPP) signé avec 11 pays de la région Asie-Pacifique, dont le Japon, la troisième puissance économique mondiale. Les Japonais s’étaient alors recentrés sur les négociations avec l’UE, au point d’en faire une priorité.

« Il est extrêmement important que le Japon et l’UE défendent le libre-échange […], à un moment où le monde fait face à des tendances protectionnistes », a encore plaidé mardi le Premier ministre, Shinzo Abe.

Négocié depuis mars 2013 dans une quasi-indifférence, le JEFTA (Japan-EU free trade agreement) pèsera lourd : l’UE est le troisième partenaire commercial du Japon, tandis que le Japon – 127 millions d’habitants – arrive en sixième position pour le Vieux Continent.

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