Comment expliquer ces pénuries mondiales et quels produits manquent à l’appel ?

Le FMI a estimé à 3,3 % la contraction de l’économie mondiale en 2020. [Shutterstock/Travel mania]

Semi-conducteurs, bois, acier, carton… Les rayons se vident, des chaînes de production s’arrêtent, des chantiers sont retardés. L’économie mondiale sort de sa torpeur mais la forte demande crée des déséquilibres. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Beaucoup de produits manquent à l’appel. Cela va du dérailleur de vélo aux semi-conducteurs, en passant par le bois ou plus anecdotique mais ô combien utile, le papier toilette. En France, trois filières sont particulièrement concernées par le manque de produits : l’automobile, l’agroalimentaire et le bâtiment, selon la ministre de l’Industrie Agnès Pannier-Runacher. Trois autres le sont en tant que fournisseurs : l’électronique, la métallurgie et la chimie.

Les délais de livraisons de matières comme le plastique, le verre, le carton et le papier ont été multipliés par deux. Ce qui n’est pas sans désagrément pour l’industrie agroalimentaire.

Quelles conséquences ?

Une hausse des prix. Par exemple de 6 % sur l’emballage et de 50 à 80 % sur l’acier et l’aluminium. Très concrètement une tonne d’acier coûtait 500 € il y a quelques mois. C’est 900 € aujourd’hui.

Parfois ce n’est même plus une question de prix, les stocks sont vides. Des chaînes de production de voiture sont à l’arrêt, comme pour la Peugeot 308 à l’usine de Sochaux depuis quatre semaines. Le site de Rennes a aussi connu de récents arrêts forcés. En cause, un composant numérique du tableau de bord mais aussi des ruptures d’approvisionnement en plastique ou en acier.

Selon Agnès Pannier-Runacher, « cette situation va retarder ou annuler la production d’un million de véhicules au premier trimestre dont 300 000 en Europe ».

Par effet de ricochet, c’est toute la production industrielle tricolore qui est secouée. En février, elle a reculé de 4,7 %. La pénurie de certains produits fait partie des explications.

Quelles explications ?

Tous les regards se tournent vers la pandémie qui a anémié les relations commerciales. D’abord en Asie, puis en Europe et aux États-Unis. Le FMI a estimé à 3,3 % la contraction de l’économie mondiale en 2020. Puis, « les entreprises ont essayé de rattraper leur retard créant des ruptures dans la chaîne d’approvisionnement »​, explique Sylvie Matelly, économiste et directrice adjointe à l’Institut de relations internationales et stratégiques.

En clair, les entreprises européennes ont mis les bouchées doubles au deuxième semestre 2020 mais c’était sans compter sur l’appétit de la Chine et des États-Unis. « Nous faisons face à un désajustement entre la demande et l’offre », confirme Agnès Pannier-Runacher.

Les embouteillages sont aussi dans les ports. Et le porte-conteneurs Ever Given bloqué dans le canal de Suez, fin mars, a été un grain de sable supplémentaire dans la congestion de l’économie globalisée.

Pourquoi la demande est-elle si forte ?

D’un côté, « l’activité a continué de croître en Chine (+2,3 %), à l’inverse de la plupart des autres pays« ​, note la Direction générale du Trésor. De l’autre, le plan de relance américain stimule fortement la demande. Les États-Unis ont annoncé le 16 avril des ventes au détail en hausse de 9,8 % en mars.

Ces pénuries vont-elles durer ?

Difficile à prédire. « Certaines pénuries, comme celle des semi-conducteurs, risquent de durer car la Chine a la mainmise »​, estime Alexandre Lavissière, professeur de logistique à Kedge et expert auprès de la Banque mondiale. C’est pourquoi le gouvernement mise sur la relocalisation « pour rebâtir des chaînes industrielles »​. Depuis septembre, 273 projets de relocalisation ont été financés à hauteur de 462 millions d’euros.

Le FMI table sur une croissance mondiale de 6 % en 2021. « La résilience de l’économie surprend tout le monde. Même le FMI, qui a revu ses prévisions de croissance. On retrouvera en 2023-2024, le niveau de croissance que l’on aurait dû avoir sans pandémie »​, prévoit Sylvie Mattely.

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