Face à Washington, la Commission joue l’apaisement sur le commerce

Donald Trump avec Angela Merkel et Emmanuel Macron. [EPA]

L’exécutif européen est prêt à discuter de « toute question » que l’administration Trump voudrait soulever lors de la négociation de l’exemption de droits de douane pour l’Europe, y compris la reprise du TTIP.

Daniel Rosario, porte-parole de la Commission, a annoncé que l’UE et les États-Unis se pencheraient sur la question des surcapacités dans le secteur sidérurgique, mais que l’exécutif européen était disposé à discuter de « toute autre question potentielle que les Américains voudraient soulever ».

« Si l’un de nos partenaires commerciaux veut discuter avec nous de certains sujets, nous sommes tout disposés à le faire, que ce soit les États-Unis ou tout autre pays », a-t-il assuré.

La semaine dernière, Bruxelles et Washington ont décidé de mettre en place un groupe de travail pour  discuter de sujets d’intérêt commun. La commissaire au commerce, Cecilia Malmström s’était rendue dans la capitale européenne pour défendre une exemption des droits de douane très récemment instaurés par Donald Trump pour les exportations européennes. Ceux-ci auraient dû s’élever à 25 % pour l’acier et 10 % sur l’aluminium.

Le fonctionnement de ce groupe de travail est en cours d’élaboration, tout comme les sujets à aborder.

Suite à la visite de Cecilia Malmström à Washington, le président américain a décidé d’exempter temporairement les produits européens de droits de douane jusqu’au 1er mai. Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, a cependant indiqué lors du sommet des 22 et 23 mars qu’il était « absolument impossible » que le sujet soit clos d’ici là.

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Le président de la Commission juge peu probable que l’UE soit exempté des droits de douane américains sur l’acier et l’aluminium avant la fin des exemptions temporaires, le 1er mai.

La position de la Commission a radicalement changé depuis l’annonce initiale de Donald Trump. Quand celui-ci a déclaré qu’il entendrait « l’offre » de l’UE pour obtenir une exemption, l’exécutif avait indiqué vouloir arriver les mains vides aux discussions.

« J’espère que personne ne s’attend à ce que nous fassions des concessions sur les questions commerciales », avait alors dit Jyrki Katainen, vice-président de la Commission. « Ce n’est pas une négociation commerciale. »

Un autre représentant de la Commission avait assuré que l’UE ne se laisserait pas « intimider » par les États-Unis. La bonne volonté des Européens à dialoguer pourrait leur faire gagner des points auprès de Donald Trump et retarder les restrictions potentielles, mais leur marge de manœuvre est limitée.

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Options possibles

Les règles de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) interdisent spécifiquement l’octroi de tarifs douaniers favorables à un pays particulier. Les États ne peuvent s’accorder sur des concessions mutuelles que dans le cadre d’un accord de libre-échange plus large.

Donald Tusk, le président du Conseil européen, a donc proposé la reprise des négociations sur le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP), un accord de libre-échange dont Donald Trump a gelé la progression à son arrivée à la Maison-Blanche.

« Quand le président se dit insatisfait des obstacles et droits de douane multiples entre l’UE et les États-Unis, je le comprends », a-t-il déclaré. « C’est la raison pour laquelle nous avions lancé des négociations il y a quelques années. Nous devrions y revenir. »

Les négociations du TTIP avaient cependant été mises à l’arrêt avant l’intronisation de Donald Trump. Même sous l’administration Obama, autrement plus coopérative, les Européens n’étaient pas satisfaits des progrès réalisés dans des domaines comme l’accès aux marchés publics, par exemple.

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Les États-Unis ont affirmé être « ouverts » à l’idée de reprendre les négociations sur le TTIP, l’accord de libre-échange prévu avec l’UE.

 

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