Bruxelles veut augmenter les importations de bœuf américain

Le boeuf est hormones est strictement interdit en Europe [U.S. Department of Agriculture/Flickr]

La Commission européenne a proposé une redéfinition des quotas de bœuf sans hormones. Washington demande depuis longtemps une plus grande ouverture du marché européen.

La Commission européenne a demandé à ce qu’un mandat de négociation lui soit octroyé pour hausser le plafond des importations de bœuf sans hormones américain. À la demande de Washington, la part des importations américaines pourrait augmenter, au détriment d’autres pays.

L’exécutif européen devra donc renégocier avec d’autres exportateurs de bœuf « afin d’assurer que toute allocation d’un contingent tarifaire aux États-Unis respecte leurs droits dans le cadre des accords OMC/GATT ».

La proposition présentée par la Commission se veut conciliante face à Donald Trump, après les « tensions » qui ont suivi une déclaration commune du président américain et du président de l’exécutif, Jean-Claude Juncker, en juillet, a indiqué Phil Hogan, commissaire à l’agriculture.

Le quota total de bœuf sans hormones autorisé à entrer dans l’UE est de 45 000 tonnes (environ 0,6 % du marché européen). La proposition de la Commission ne modifierait pas ce total, et serait compatible avec les règles de l’OMC, a assuré le commissaire.

L’UE n’autorise pas l’utilisation d’hormone dans la production bovine, contrairement aux États-Unis. Il a cependant été décidé qu’un quota de bœuf produit sans hormones serait alloué à Washington, ainsi qu’à d’autres pays.

Les États-Unis se plaignent depuis des années que d’autres pays, comme l’Argentine, l’Uruguay, l’Australie et, dans une moindre mesure, le Canada et la Nouvelle-Zélande, ont grignoté la part de quota qui devrait leur revenir.

En 2016, Washington a donc demandé une révision de l’accord. Des contacts ont été pris plus tôt dans l’année. « La Commission européenne est décidée à avancer »,  assuré le porte-parole de l’UE Daniel Rosario.

Le porte-parole insiste sur le fait que ce nouvel accord ne changerait rien aux normes européennes en termes de santé et de protection des consommateurs. Conformément à ce qui a été entendu entre Donald Trump et Jean-Claude Juncker en juillet, la renégociation ne touchera pas pas les produits agricoles, tout comme le quota actuel.

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La Commission a consulté les États membres et des associations d’agriculteurs, qui n’ont rien trouvé de particulier à redire à sa proposition, tant qu’elle respecte les règles de l’OMC et n’augmente pas le quota total d’importation.

Reste à savoir comment la Commission compte augmenter la part du quota qui revient aux États-Unis sans restreindre l’accès au marché européen. Pour éviter que les pays touchés par la redistribution du quota ne se plaignent auprès de l’OMC, l’UE pourrait s’appuyer sur les accords de libre-échange en cours de négociation avec tous les grands exportateurs de bœuf.

Des discussions sont en effet en cours avec le bloc Mercosur (qui inclut l’Argentine et l’Uruguay), l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Avec le Canada, un accord a été conclu dans le cadre du CETA. Le bœuf a d’ailleurs été un point très sensible des négociations. Après des pressions intenses, l’UE a fini par accepter que 45 000 tonnes de bœuf sans hormones soient importées, réglant à la fois la question du CETA et d’une dispute à l’OMC.

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