L’exécutif européen joue l’apaisement sur le commerce UE-USA

Le bloc européen veut donner un nouvel élan à ses négociations avec la Chine sur un accord d’investissement permettant de protéger les entreprises européennes sur le marché chinois. [European Commission]

Les négociations commerciales avec les États-Unis vont bon train, selon Jyrki Katainen, vice-président de la Commission. Il déplore en revanche la détérioration du climat des affaires en Chine.

Les États-Unis et la Chine sont sur le point de déclencher une guerre commerciale sur plusieurs fronts – l’acier et la technologie. L’Europe se retrouve prise entre deux feux.

L’UE négocie actuellement avec des représentants américains pour contourner les taxes à l’importation d’acier et d’aluminium, imposées par Donald Trump. Parallèlement, le bloc européen veut donner un nouvel élan à ses négociations avec la Chine sur un accord d’investissement permettant de protéger les entreprises européennes sur le marché chinois.

Jyrki Katainen, commissaire à l’emploi, la croissance, les investissements et la compétitivité, estime que les discussions avec les États-Unis progressent. « Nous avons de très bonnes discussions. La situation est plus calme maintenant qu’il y a deux semaines. »

Cependant, la Commission ne sait pas si elle sera exemptée de façon permanente des derniers droits de douane américains. Donald Trump a offert une « exemption » temporaire aux États membres de l’UE, tandis que Bruxelles et Washington discutent de « questions commerciales d’intérêt commun ». Cependant, le président américain a fixé un délai serré, 1er mai, pour régler les différends en suspens.

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Le président de la Commission juge peu probable que l’UE soit exempté des droits de douane américains sur l’acier et l’aluminium avant la fin des exemptions temporaires, le 1er mai.

Insoutenable

Pendant ce temps, les discussions avec Pékin pour améliorer les conditions des entreprises européennes sur le marché chinois stagnent. Les entreprises européennes se plaignent « constamment » du climat des affaires en Chine, « qui se détériore », révèle Jyrki Katainen.

En réaction aux pratiques déloyales de transfert technologique et de propriété intellectuelle de la Chine, Donald Trump a décidé d’imposer la semaine dernière des droits à l’importation supplémentaires sur les produits chinois. L’Union et les États-Unis critiquent constamment le transfert de technologie auquel les entreprises étrangères doivent se conformer pour accéder au marché chinois.

Cette pratique est « insoutenable » depuis des années parce que les entreprises technologiques et les investisseurs veulent investir en Chine et que « la Chine a besoin d’eux », estime le commissaire finlandais. Forcer les entreprises à transférer leur technologie et leur propriété intellectuelle n’améliorerait pas l’environnement des affaires.

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Les pratiques discutables de la Chine en matière de propriété intellectuelle chiffonnent l’exécutif européen.

Bruxelles et Washington déclarent tous deux que leur déficit commercial avec la Chine est dû aux obstacles commerciaux. En revanche, L’Europe est « complètement ouverte aux sociétés chinoises, alors que « la Chine ne l’est pas », estime le vice-président de la Commission.

Le 10 avril, Xi Jinping, le président chinois, a toutefois promis d’ouvrir l’économie chinoise aux investisseurs étrangers, de baisser les taxes à l’importation et d’améliorer la protection de la propriété intellectuelle. « Cette année, nous allons réduire considérablement les tarifs douaniers chinois sur les importations d’automobiles, tout en réduisant les droits d’importation sur certains autres produits », révèle le président chinois.

Ses promesses ont été accueillies avec prudence, car c’est la deuxième fois qu’il garantit de réduire les obstacles aux investisseurs. En effet, Xi Jinping s’est déjà engagé l’année dernière à Davos, mais n’a pas honoré ses promesses, décevant ainsi les dirigeants et les entreprises.

Les analystes ont bon espoir cette fois-ci que ses propos aideront à apaiser les tensions avec les partenaires commerciaux de Chine.

« Toutes les mesures qu’il a mentionnées dans son discours devraient réduire le déficit commercial des autres pays avec la Chine, notamment l’ouverture des marchés, les taxes à l’importation moins élevés et la protection de la propriété intellectuelle », estime Ken Cheung, stratège en chef de la banque Mizuho (Hong Kong). « Xi Jinping a fait valoir son point de vue aujourd’hui : il ne veut pas de guerre commerciale à grande échelle avec les États-Unis. »

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