L’UE prête à la riposte face aux quotas de Trump

Robert Lighthizer et Cecilia Malmström [EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

L’UE activera immédiatement des mesures de rééquilibrage si Donald Trump impose réellement des quotas sur les exportations européennes d’acier et d’aluminium.

La commissaire européenne en charge du commerce, Cecilia Malmström, a promis une contre-offensive immédiate de l’UE dans le conflit commercial sur quotas avec Washington, un nouveau tournant dans les relations transatlantiques.

Les relations se sont détériorées depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump en novembre 2016, qui a mis en avant son programme protectionniste « l’Amérique d’abord ».

Lors d’un débat en session plénière du Parlement européen à Strasbourg, la commissaire a déclaré s’attendre à voir certaines restrictions sur les exportations européennes de ces métaux mises en place par les États-Unis à partir du 1er juin.

« En réalité, si les États-Unis décident de s’abstenir d’appliquer des droits de douane, nous pouvons raisonnablement penser qu’ils voudront imposer une sorte de limites aux exportations de l’UE », a-t-elle estimé.

Selon elle, ces quotas pourront être importants, avec des limites de volume pour accéder au marché américain, ou plutôt « souples » avec des droits de douane imposés après un certain seuil.

« Notre plan d’action futur dépendra de la nature et de la sévérité des mesures appliquées par les États-Unis à nos exportations, et du préjudice subi par nos industries », a expliqué la commissaire suédoise.

Cecilia Malmström a déclaré aux eurodéputés que si Donald Trump décidait d’imposer des quotas restrictifs, la Commission préparerait un nouveau règlement d’application contenant des mesures de rééquilibrage immédiates sur les importations en provenance des États-Unis.

La réponse serait basée sur la liste des produits déjà signalés par l’exécutif pour réagir aux droits de douane américains potentiels. Elle a toutefois assuré que le niveau de ces droits serait plus bas que dans le cas du rééquilibrage des taxes controversées.

L’Europe a en effet préparé une liste des exportations américaines qui pourraient être soumises à une taxe de 25 % et s’élevant à environ 2,8 milliards d’euros, soit l’équivalent des droits de douane américains sur l’acier et l’aluminium européens affectés (25 % et 10 % respectivement).

Beurre de cacahuète et jus d'orange américains dans le viseur de l'UE

Bruxelles menace de s’en prendre au beurre de cacahuète, au jus d’orange ou au bourbon, le whiskey américain, si Donald Trump persiste à s’engager dans une guerre commerciale.

 

Donald Trump a fixé le vendredi 1er juin comme date limite pour trouver une solution au différend commercial avec l’UE. Malgré deux périodes supplémentaires et des discussions intenses entre Cecilia Malsmtröm et le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross, les espoirs de l’Europe de trouver une solution s’évanouissent rapidement.

Cecilia  Malmström et Wilbur Ross se rencontreront à nouveau le 30 mai en marge de la réunion ministérielle de l’OCDE. Le président américain veut réduire le déficit commercial américain de 120 milliards d’euros avec l’économie européenne.

Les États membres ont refusé de négocier un pistolet sur la tempe les revendications de Donald Trump, y compris l’accès des produits américains aux marchés européens.

Cecilia Malmström a rappelé au Parlement la proposition de l’UE d’améliorer les relations commerciales avec Washington, mais seulement si le bloc obtient « une exemption totale, permanente et inconditionnelle des droits de douane ».

L’Europe refuse net tout quotas pour ses exportations de métaux vers les États-Unis

Pour les dirigeants de l’UE, une exemption « permanente » et « illimité » aux droits de douane imposés par Trump est une condition sine qua non à toute négociation commerciale.

À la suite des recommandations de la Commission, les dirigeants de l’UE ont proposé d’approfondir les relations énergétiques en acceptant davantage d’importations de gaz naturel liquéfié en provenance des États-Unis, une coopération réglementaire volontaire et une révision de l’accès au marché pour les produits industriels, y compris les voitures, l’une des principales exigences de Donald Trump.

Mais dans le cadre de ce paquet, l’UE veut également résoudre le blocus actuel de l’organe d’appel de l’Organisation mondiale du commerce. Cecilia Malmström espère que les pourparlers avec l’administration américaine déboucheront sur un « agenda positif » sans droits de douane ni quotas. Un espoir qu’elle considère toutefois peu réaliste.

Les eurodéputés ont exprimé leur soutien pour la réaction de la Commission aux menaces de Donald Trump et ont critiqué ses attaques à l’encontre d’un système commercial multilatéral fondé sur des règles.

Certains législateurs, dont la cheffe de file du groupe des Verts, Ska Keller, demandent de porter le cas devant l’OMS et de devenir moins dépendants de l’économie américaine, plutôt que de contre-attaquer avec des droits de douane européens.

 

Subscribe to our newsletters

Subscribe